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En séance · Républicains Sénat · 15 novembre 2007

Yann Gaillard – Suite du Conseil des ministres franco-allemand sur l’intégration

Yann Gaillard :

Ma question s’adresse à M. le ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement.

Lundi dernier s’est tenu à Berlin le huitième Conseil des ministres franco-allemand consacré à l’immigration et à l’intégration ; ce sont en effet des thèmes interdépendants.

Ce Conseil est un événement important par sa charge symbolique.

D’abord, parce qu’il manifeste la vitalité du couple franco-allemand, noyau historique de la construction européenne, même si les deux partenaires peuvent avoir des intérêts divergents sur telle ou telle grande affaire industrielle ou fiscale.

Ensuite et surtout, parce que cette convergence est bien faite pour montrer à l’opinion nationale qu’il n’y avait rien que de naturel et de nécessaire dans la création du département dont vous avez la charge, monsieur le ministre.

Vous avez tenté d’appeler à un pacte européen sur l’immigration lors de votre visite à Madrid, en octobre dernier. Vous avez également annoncé qu’il s’agissait de l’une des quatre priorités de la présidence française.

Au cours de la conférence de presse conjointe, le Président de la République a déclaré que nous allions avancer vers une politique d’immigration commune, et la Chancelière a annoncé que nous allions partager nos responsabilités dans la coopération avec les pays africains.

Ces orientations volontaristes s’inscrivent dans la perspective européenne ouverte à Tampere en Finlande, en 1999, et reprogrammée à la Haye en 2004. Nous savons bien, du reste, que les opinions publiques française et allemande sont sur la même ligne, ainsi que les opinions publiques espagnole, italienne, britannique… Cette proximité fut très parlante.

Pourriez-vous, monsieur le ministre, par-delà les déclarations de principe, éclairer le Sénat sur les axes de réflexion et le programme du groupe de travail, dont la création vient d’être annoncée à Berlin ?

Peut-on compter sur des premiers résultats pour la présidence française ?

La réponse de Brice Hortefeux, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement

Il existe un principe et une réalité concernant les flux migratoires en Europe.

Le principe, c’est que toute l’Europe est solidairement concernée par la question des flux migratoires.

La réalité, c’est que cinq pays en Europe concentrent 80 % de ces flux. Parmi ceux-là, à côté de l’Italie, de l’Espagne et de la Grande-Bretagne, il y a l’Allemagne et la France, qui ont des immigrations d’origine différente : l’Allemagne accueille environ 1,8 million de Turcs, alors que la France accueille 1,5 million d’Africains subsahariens.

À l’occasion de ce huitième Conseil des ministres franco-allemand, le Président de la République et la Chancelière Angela Merkel ont souhaité aborder le plus concrètement possible toutes ces questions d’immigration et d’intégration.

Nous sommes d’accord sur un principe simple : il faut maîtriser l’immigration pour réussir l’intégration.

Faire entrer dans notre pays un grand nombre de migrants sans se donner les moyens de les accueillir, sans organiser leur intégration dans nos sociétés, conduirait inéluctablement à des déséquilibres affectant gravement la cohésion de nos communautés nationales.

Lors du prochain Conseil, qui se tiendra en France au printemps prochain, nous ferons le point sur un certain nombre de sujets.

Nous ferons le point sur le rapprochement de nos systèmes d’asile.

Nous ferons le point sur la mutualisation des moyens pour lutter contre les filières d’immigration clandestine. C’est un sujet préoccupant, en Allemagne comme en France.

Nous ferons le point sur l’utilisation commune des contrôles biométriques. Cette année, en France, soixante-deux consulats sont équipés ; ils le seront tous l’année prochaine. C’est donc sensiblement plus qu’en Allemagne.

Enfin, nous ferons le point sur l’harmonisation possible des règles de délivrance des visas de long séjour.

Tout cela permettra de progresser vers un pacte européen, que la France souhaite concrétiser lors de sa présidence, à compter du 1er juillet prochain.

Tous les ministres ici présents peuvent témoigner de la relation de confiance renforcée qui s’est nouée entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Elle a permis, avec le concours d’autres partenaires, de sortir l’Europe de l’ornière et de relancer un projet européen qui ne soit pas que des mots, que des slogans ou que des images, mais bien une réalité concrète.

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