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« Un effort de tous les ministres »
Républicains Sénat
Passage média · 20 février 2008

« Un effort de tous les ministres »

Interview de Philippe Dallier, sénateur UMP de Seine-Saint-Denis, rapporteur des crédits « ville et logement »

Que pensez-vous du plan « espoir banlieue » après l’audition de Christine Boutin et de Fadela Amara du 12 mars ?

Cela va dans le bon sens. De nombreuses propositions venant du Sénat ont été reprises dans ce plan, notamment concernant la gouvernance de la politique de la ville qui a fait l’objet de beaucoup de critiques. L’idée de généraliser le dispositif des délégués de l’Etat en en plaçant un dans chaque quartier difficile provient de mon rapport de novembre dernier. La simplification des procédures dans la gestion des crédits déconcentrés et la pluri-annualité des subventions sont aussi des points positifs. De plus, pour la première fois en 2008, ces subventions vont être débloquées tôt dans l’année.


En matière de gouvernance, le plan vous suit également au sujet du renforcement du couple préfet-maire…

C’est positif. Une mécanique est enclenchée avec plus de délégation vers les maires et un Etat qui assure le contrôle. Concernant une délégation des moyens directement aux communes, je n’ai pas eu de réponse claire de Christine Boutin, mais il y a déjà des expérimentations de ce type. Il faut aller plus loin, au bout de cette logique.

Parmi les nouvelles mesures que pensez-vous du « busing » ?

C’est sûrement la plus difficile à mettre en place. Je vois assez mal comment cela va fonctionner dans les deux sens. Pour les jeunes qui veulent aller étudier hors des quartiers difficiles, cela peut marcher, mais à condition qu’il y ait des places disponibles. Quant à ceux qui feront le trajet inverse, il faut s’attendre à des remontées de la part des parents qui s’y opposent, rendant la mise en œuvre du dispositif difficile, voire impossible.

Estimez-vous suffisantes les annonces budgétaires pour soutenir ce plan ?

Seuls 500 Mns€ pour le désenclavement ont été annoncés. Ce n’est pas beaucoup. Les régions devront aussi apporter une part du financement. Mais il faut être patient, cela va venir. C’est avec l’interministériel que l’on va y arriver, en demandant un effort à tous les ministres.
L’audition au Sénat a également permis d’obtenir des garanties sur le fait que les crédits du Programme national de rénovation urbaine (PNRU) ne serviront pas à la rénovation des centres-villes. Il n’était pas question que ce soit le cas, et Christine Boutin l’a réaffirmé.

Attendiez-vous des annonces sur le zonage de la politique de la ville ?

J’ai fait voter un amendement afin d’assurer une révision des zonages tous les cinq ans. Les ministères travaillent sur le sujet. Une évolution s’impose. Il y a peut-être eu trop de saupoudrage par le passé et il faudrait maintenant se concentrer sur les quartiers qui sont les plus en difficulté.

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