Philippe Dallier : « Il faut simplifier et réorganiser »

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Passage média · Républicains Sénat · 11 avril 2008

Quel Grand Paris préconisez-vous ?

Je propose la création d’une nouvelle et véritable collectivité locale de plein exercice. Elle viendrait en remplacement des quatre départements de Paris et de sa petite couronne : Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne. Le millefeuille institutionnel est déjà suffisamment compliqué comme cela, et inefficace, pour effectivement imaginer une solution innovante.

Qu’est-ce qui ne marche pas aujourd’hui ?
C’est un constat largement partagé : sur le logement, les transports, le développement économique, la politique sociale, tout le monde considère, et les Franciliens en premier, que nous ne sommes pas assez efficaces. Au moins tout aussi inquiétant, Paris est en perte de compétitivité. Les chefs d’entreprise disent bien qu’il y a un manque de dynamisme, parce qu’il n’y a plus de projet d’envergure, et qu’il n’y a pas de leader clairement identifié dans cet espace économique. Enfin, il y a une grande confusion dans l’organisation des pouvoirs publics.

N’êtes-vous pas en train de réinventer l’ancien département de la Seine ?

Non, car la décentralisation est passée par là. L’organisation des pouvoirs publics ne correspond plus à ce qu’était ce département. Les collectivités locales se sont vu déléguer beaucoup de compétences. Il n’est pas question de revenir sur cette décentralisation, mais de l’organiser pour la rendre efficace.

Votre solution ne marginalise-t-elle pas la région Ile-de-France ?

Absolument pas. Je peux comprendre que Jean-Paul Huchon soit inquiet, mais ce que je propose, c’est de réorganiser le coeur de l’agglomération. Cette région fait 12 millions d’habitants. On y trouve deux zones bien distinctes : le coeur de l’agglomération, grosso modo Paris et la petite couronne, et la grande couronne. L’idée n’est pas de faire disparaître la région. Elle se verra même déléguer des pouvoirs supplémentaires, notamment sur les transports et les collèges. En revanche, il faut qu’elle travaille en complémentarité, en partenariat avec ce Grand Paris.
Vous condamnez dans votre rapport la formule du syndicat mixte défendue par Roger Karoutchi… Toute solution qui consistera à proposer une couche de plus m’apparaît comme une mauvaise solution. Il faut simplifier et réorganiser.

Vous demandez donc aux trois départements de la petite couronne de se saborder ?

Je ne demande à personne de se faire hara-kiri. On leur demanderait de fusionner d’ici à 2010. Puis de mettre en commun leur budget, ce qui aurait déjà un formidable effet de péréquation. L’un des points forts de ma solution, c’est de considérer que, dans cet espace économique, on ne peut pas continuer à avoir les riches d’un côté et les pauvres de l’autre. En 2011, on aurait l’élection du Conseil du Grand Paris, avec l’élection du président au suffrage universel.

Ce débat ne vise-t-il pas à diviser la gauche à l’approche des élections régionales ?

Non, car ce n’est pas un débat droite-gauche. Il y a des points de vue différents au sein de la gauche et au sein de la droite sur le sujet.

Avez-vous rencontré Christian Blanc ?

Oui, vendredi, pendant deux heures. Je lui ai exposé mon point de vue, mais quant à savoir ce qu’il en retiendra… Le débat ne fait que s’ouvrir.