Gérard Larcher : « Je n’ai rien demandé au président »

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Passage média · Républicains Sénat · 11 septembre 2008

Et si la présidence du Sénat
était loin d’être acquise pour
Jean-Pierre Raffarin ? L’ancien
Premier ministre, candidat officieux
au Plateau, trouvera en travers
de sa route un adversaire de poids le
24 septembre, jour de l’élection du
candidat UMP pour la présidence
du Sénat: Gérard Larcher, qui aura
59 ans dimanche, est certes inconnu
du grand public, mais sait y faire en
politique. Maire UMP de Rambouillet
depuis 1983, entré au Palais du
Luxembourg en 1986 à l’âge de
36 ans, ministre de … Raffarin
en 2004, puis de Dominique de Villepin
en 2005, il est redevenu sénateur
en 2007, après avoir décliné le poste de ministre
de l’Agriculture que lui proposait Nicolas
Sarkozy. Précisément pour partir à la conquête du
Plateau, même si Christian Poncelet, 80 ans, président
sortant, n’a pas encore fait savoir s’il solliciterait
ou non un quatrième mandat.

Depuis plusieurs mois donc, Larcher mène une
campagne discrète mais active en coulisse. Une
campagne « très pragmatique », dit-il, au cours de
laquelle ce bon vivant, tout en rondeurs, voit en
tête-à-tête chacun de ses collègues de l’UMP,
sonde et donne des assurances. Ancien vétérinaire
de chevaux, il participa au succès de l’équipe de
France de sports équestres aux JO de Montréal
en 1976. Incarnation du « gaullisme social », il revendique
de « bonnes relations» avec la gauche
sénatoriale. Auteur d’un rapport sur les missions
de l’hôpital pour Nicolas Sarkozy, ce sénateur tout
terrain ira samedi débattre du sujet. .. à la Fête de
l’Huma.

Quel est votre projet, sur quels thèmes faites-vous campagne?

D’abord, la
nouvelle donne constitutionnelle
nous offi’e l’oppOltunité exceptionnelle
de réfom1er en profondeur
notre mode de fonctionnement Il
faut opérer un décloisonnement à
l’intérieur de la maison. Ensuite, il y a
une vraie envie aujourd’hui, panni les
sénateurs, d’en finir avec la distorsion
entre tes travaux qui sont conduits ici,
qui sont de qualité, et la perception
qu’en a le public. Lorsque vous êtes
mal perçu, il ne faut jaLllais dire que
c’est la faute de l’autre. Nous devons
être plus visibles, et on purgera ainsi
notre querelle en légitimité. Enfin, il faut une présidence
qui soit politique sans être paLtisane. Le président
du Sénat doit s’exprimer sur des sujets politiques,
diftèremment du président de l’Assemblée
nationale, davantage sur des sujets de fond. On
n’est pas ici dro1sla pulsion politique du quotidien
comme à l’Assemblée, mais je crois qu’on doit
avoir une vision éthique et anticipatrice sur les
grands sujets de société. Ici, c’est un lieu qui stabilise,
qui trace la prospective et qui, en cas de crise,
est une espèce d’abri démocratique.

Quel doit être l’attitude du président
du Sénat à l’égard de l’exécutif?

Il n’y a de parlementarisme que dans la liberté de
proposer et de légiférer. Je me sens solidaire des
réformes engagées par le président de la République,
je les soutiens. Mais il faut qu’on trouve un
équilibre entre cette solidarité et l’indépendance
des Assemblées. Ce que j’appelle la responsabilité
de soutien et la nécessaire liberté.

Souhaitez-vous un signe de soutien
de Nicolas Sarkozy ?

Moi, je n’ai rien demandé au président de la République.
Il sait qu’il peut compter sur ma loyauté.
L’Elysée m’a confirmé qu’il ne se mêlera pas de la
primaire à l’intérieur du groupe UMP. Je ne lui demande
pas de signe, ça n’a pas de sens. Ce sont les
sénateurs qui vont décider.

On dit de vous que vous êtes un homme
très habile…

L’habileté de l’Artisan, c’est de savoir assembler les
pierres les unes avec les autres, et parfois des
pierres qui n’ont pas été taillées au départ pour
être assemblées. Si c’est cela l’habileté, je veux bien
être habile .

Certains sénateurs UMP disent aussi
que vous êtes l’archétype du sénateur…

Si l’archétype du sénateur, c’est être issu des élus
locaux, trouver des voies de convergence et de
consensus, et se méfier des gadgets, oui,je me sens
profondément sénateur. Je crois en tout cas que je
ne suis pas une caricature.

Et si Christian Poncelet annoncait
finalement qu’il se représente ?

Moi, je serai candidat ! Je fais partie de ceux qui
l’ont soutenu, j’ai beaucoup de respect pour le président du Sénat mais, aujourd’hui, ma candidature est certaine. J’ai souvent dit que j’étais déterminé et serein, je dois vous dire que je le suis encore plus aujourd’hui.