Gérard Larcher : «Le Sénat est légitime mais on ne le connaît pas»

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Passage média · Républicains Sénat · 19 septembre 2008

Gérard Larcher est candidat à la primaire au cours de laquelle l’UMP désignera son prétendant à la présidence du Sénat.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter ?

Je suis candidat parce que j’ai passé dix-huit ans au Sénat, que j’aime profondément cette maison où l’on travaille de façon exceptionnelle. Il faut en finir avec cette incroyable distorsion entre la qualité des travaux qui s’y font et la perception qu’en a l’opinion : le Sénat est indispensable à l’équilibre de notre démocratie. C’est pourquoi je souhaite poursuivre le travail engagé sous les présidences de René Monory et Christian Poncelet, qui ont ouvert le Sénat à l’international et aux technologies numériques, à l’Europe et au monde de l’entreprise. Aujourd’hui, nous avons un autre rendez-vous. En 1958, le Sénat devenait la Chambre représentant les territoires. On sortait des errements de la IVe République pour entrer dans un parlementarisme raisonné. Cinquante ans plus tard, la révision constitutionnelle donne un gage de confiance supplémentaire au Parlement. Nous devons saisir cette formidable opportunité. C’est pour cela que je suis candidat. Et si mes collègues choisissent de me faire confian-ce, nous serons tous ensemble à la hauteur.

Qu’est-ce qui différencie votre candidature de celles de Philippe Marini et de Jean-Pierre Raffarin ?

Je ne cherche pas à me distinguer, je veux gagner la confiance des sénateurs. En toute amitié pour eux, je ne mesure pas ma candidature à celle des autres candidats, déclarés ou pas. Mon projet lui-même ne se détermine pas par rapport à tel ou tel projet. Nous avons des convergences, des analyses communes et c’est bien normal. Mais ce qui m’a déterminé, c’est le dialogue que j’ai instauré avec tous les sénateurs que j’ai rencontrés. Et la confiance que j’attends d’eux. Je n’attends rien d’autre, je ne demande rien d’autre. C’est un challenge sérieux, pas une fin.

Quelle sera votre priorité si vous êtes élu président ?

Donner davantage de visibilité à notre assemblée. Si aujourd’hui beaucoup de Français se posent la question de la légitimité du Sénat, ce n’est pas parce que nous ne sommes pas légitimes. Le Sénat est légitime, mais on ne le connaît pas. Ce n’est pas la faute de la société ni des médias : c’est à nous d’être visibles. Nous devons retrouver l’accroche avec les Français et bien faire comprendre que nous ne sommes pas une Assemblée nationale bis. Le Palais Bourbon, c’est le monde de la pulsion. Nous, nous faisons office de stabilisateur. Dans une société qui zappe, nous avons tous besoin d’images qui durent, d’images réfléchies. C’est notre rôle et nous devons le faire savoir.

Quelles relations souhaitez-vous établir entre le Sénat et l’exécutif ?

Je suis un homme de loyauté, le Sénat soutiendra l’action de réforme conduite par le président de la République et le gouvernement. Mais ce soutien s’éclairera de nos débats, de la liberté des sénateurs, des prises de parole de la majorité comme de l’opposition. Ce n’est pas son président qui fait le Sénat, ce sont les sénateurs. Et ce président n’est pas désigné, mais élu.

Et avec l’Assemblée nationale ?

Nous construisions déjà la loi ensemble. Demain nous la coproduirons ensemble. Mais il faudra aussi que nos amis députés nous respectent. Je revendique pour le Sénat toute sa place pour une véritable coproduction législative. Nous ne sommes pas l’accessoire. Depuis la mise en place du quinquennat, l’Élysée, le gouvernement et l’Assemblée procèdent de l’élection présidentielle. Nous, nous sommes élus autrement. Cette spécificité fait du Sénat le meilleur gardien des libertés individuelles.

Quel conseil donneriez-vous aux sénateurs UMP qui hésitent encore pour les primaires ?
Je les inviterais à poursuivre le dialogue ensemble et à choisir en leur âme et conscience. De toute façon, leur décision deviendra la mienne.