Le grand chelem de Jean-Pierre Leleux

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Passage média · Républicains Sénat · 29 décembre 2008

Réélu maire, devenu sénateur, et passation départementale réussie, 2008 aura été l’année de
toutes les victoires pour Jean-Pierre Leleux. Qui revient sur cette année électorale unique.

Quel regard portez-vous sur cette année électorale ?

C’est une très belle année pour moi
et la Ville. Je suis d’autant plus heureux que c’est la reconnaissance d’un travail de longue
haleine. Cette fierté, je l’ai retrouvée aussi chez les Grassois.

De ces trois victoires, laquelle
préférez-vous ?

La victoire à l’élection municipale, pour la troisième fois, était déterminante
et a permis les deux autres. Mais il est difficile de les juger les unes par rapport aux autres.

Pouvez-vous les détailler ?

L’élection municipale montre qu’avec de la persévérance, on
peut arriver à fédérer un courant d’adhésion et lutter contre les divisions. Je rappelle qu’en
1995, notre courant était divisé avec 5 listes de droite contre une seule cette année, grâce à
un travail quotidien d’union et de rassemblement. L’élection sénatoriale, c’est le rattrapage
historique de Grasse, de son rayonnement et de son respect par rapport au littoral. Elle
mérite d’être représentée au Parlement. Cela a été presque un accouchement naturel, car ce
sont mes pairs qui m’ont choisi. Je me présentais avec la certitude d’être élu, ce qui ne
m’était jamais arrivé auparavant ! L’élection cantonale, c’est du bonheur affectif,
sentimental et politique, l’oxygène avec un pari réussi, un peu provocateur, mais que les
gens ne regretteront pas.

Est-ce un aboutissement personnel ?

Le vrai aboutissement, c’est
en mars lorsque je suis le candidat d’un seul courant. C’est confirmé en septembre avec les
sénatoriales. Mais cette situation doit faire l’objet d’une vigilance permanente.

On a le
sentiment que, en dépit de son élection au Conseil général, il n’y a que vous qui êtes
convaincu par Jérôme Viaud ?

Je suis arrivé à un degré d’expérience, d’âge et d’autorité qui
faisait que le moment était opportun pour lancer un message à la jeunesse. C’est un geste
préparatoire. Mais au-delà de la jeunesse, j’ai privilégié les valeurs humaines. Jérôme Viaud
est l’antithèse de la caricature du monde politique qui veut qu’on soit ambitieux, prêt à en
découdre et qu’on avance au milieu des cadavres. Jérôme, c’est la gentillesse, la politesse et
l’engagement au service des autres. Et puis il faut l’imaginer dans 10 ans !

Un sénateur pour
Grasse, à quoi ça sert vraiment ?

On est au niveau du symbole. Dans les couloirs du sénat,
Grasse est présente. Lors de mon arrivé, j’ai offert un flacon de parfum à tous les
sénateurs. Évidemment, je ne suis pas au Sénat pour défendre les dossiers grassois, mais
prioritairement pour contribuer à l’élaboration de la loi et contrôler le gouvernement.
Cependant, il y a une plus grande proximité avec les cercles nationaux de décisions et on
peut plus facilement ouvrir certaines portes. Je suis déjà allé voir la ministre Christine
Albanel pour lui exposer le projet de théâtre et de scène nationale.

Certains dénoncent le
système Leleux. Qu’en pensez-vous ?

C’est Paul Euzière qui le dit. Je ne sais pas ce que
cela signifie et je n’ai pas le sentiment qu’il existe un système Leleux. Ce que je sais, c’est
que pour être efficace, il faut un courant fort et stable, une méthode qui consiste à
rassembler pour assurer une stabilité et faire avancer Grasse. Si c’est cela appeler un
système Leleux alors d’accord et j’en suis fier. Car je rappelle que Grasse n’a que trop
souffert de sa discontinuité politique au cours des dernières années.

Vous remportez trois
élections, mais dans le même temps, l’opposition a réalisé ses meilleurs scores. Pourquoi ?

C’est vrai. Grasse se distingue de beaucoup d’autres communes, car c’est une ville
complète avec un tissu électoral très particulier. Grasse n’est jamais gagnée d’avance, ce
qui rend peut-être légitime ce qu’on appelle le système Leleux… Maire, sénateur et président
de l’agglomération.

Vous êtes pour le cumul des mandats ?

C’est une vraie question. Le
partage du pouvoir local est extrêmement utile, mais cela crée aussi d’autres pertes
d’énergies. Bientôt, on devrait arriver à deux mandats maximum en y incluant la présidence
de l’agglomération.

Comment pouvez-vous être efficace avec ces trois rôles ?

C’est un
équilibre difficile à tenir, mais possible. Dans mon cas, c’est gérable, mais il faut bien être
entouré. Le lundi, j’ai réunion avec les chefs de services. Du mardi matin au mercredi soir,
je suis au Sénat. Et du jeudi au dimanche, à Grasse pour m’occuper des affaires
communales et intercommunales. Le rôle de l’homme politique n’est pas d’avoir les mains
dans le cambouis, mais de donner et contrôler les orientations. À moi d’avoir des adjoints
de qualité et des collaborateurs de confiance.

Vous serez maire et sénateur jusqu’en 2014.
Et après ?

Je suis plus proche de ma sortie que de mon entrée en politique et je sais que je
devrai tirer ma révérence d’autant qu’il y a une vie après la politique. Mais j’ai l’intention de
poursuivre ma mission pendant des années et il est donc prématuré aujourd’hui d’en dessiner la fin.

Jean-Pierre Leleux sénateur à 80 ans, c’est possible ?

Non ! Je ne veux pas
attendre l’usure pour partir. Mon voeu, c’est de partir de gré, ce qui est très délicat.

2009
est une année sans élection. Vous allez vous ennuyer…

Je vais recentrer mes forces sur la
ville, réactiver le projet de ville 2008-2018, travailler avec l’administration communale et
intercommunale à une optimisation des services dans un contexte de crise financière. »