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Automobile territoriales : le rôle majeur des collectivités par Gérard Larcher
Républicains Sénat
Tribune · 27 janvier 2009

Automobile territoriales : le rôle majeur des collectivités par Gérard Larcher

Après la crise bancaire et
financière née aux États-Unis à
l’automne
dernier, les économies européennes
entrent maintenant dans une période de
fortes turbulences. Dès le
4 octobre, le
président de la République annonçait,
à Douai, les mesures du plan de relance
qui représente un effort exceptionnel : il
consiste à injecter,
le plus vite possible,
65 milliards d’euros dans notre
économie en misant sur l’ investissement
productif,
la compétitivité et le soutien
à
l’emploi. Cet effort est coordonné avec
nos partenaires européens.

Dans ce contexte,
l’industrie automobile
est au coeur des préoccupations car elle
traverse des difficultés sans précédent.
Le volume des ventes s’est effondré,
celui des stocks s’est accru de manière
préoccupante. Les constructeurs ont
dû réduire le recours au travail
temporaire puis aux CDD, avant d’arrêter la
production pendant plusieurs semaines
en ayant recours au travail partiel. Les
sous-traitants et les équipementiers en
subissent les conséquences directes.

L’enjeu est de taille : il
s’agit de
maintenir en France les emplois et le pouvoir
de décision d’un secteur stratégique
tout en s’adaptant aux évolutions
technologiques, économiques et
écologiques. L’automobile,
c’ est 10 % de la
population dans un réseau d’entreprises
qui innerve notre territoire.

La rapide réaction du gouvernement,
d’abord par des mesures ciblées dans le
plan de relance, ensuite par l’organisation,
le 20 janvier, des états généraux de
l’automobile,
a permis aux
professionnels de faire connaître leurs besoins,
préalable à des mesures
complémentaires pour les constructeurs et les
soustraitants qui seront définitivement
arbitrées dans quelques jours.

Je me contenterai de rappeler la
réforme du crédit d’impôt recherche dont le montant total va être porté à plus de
2,7 milliards d’ euros annuels et dont la
branche automobile est le deuxième
secteur bénéficiaire ; les 400 millions
d’euros du plan « véhicules propres »
pour aider au développement de
véhicules hybrides et électriques ; la prime à
la casse lors du retrait du marché d’ une
voiture de plus de dix ans ; des prêts aux
filiales bancaires des grands
constructeurs français ; un fonds de 300 millions
d’ euros pour les sous-traitants et les
équipementiers afin de préserver leur
savoir-faire, leurs ressources en
recherche-développement et de les aider en
terme de cash-flow. Au total,
le
gouvernement envisage un plan de soutien de
5 à 6 milliards pour cette seule branche.
L’ effort devra être subordonné au respect d’engagements en terme de
maintien des emplois en France. Cependant,
les décisions nationales n’atteindront
leur plein effet que si tous les acteurs
locaux partagent cette volonté de
préserver un secteur stratégique.

De fait,
c’est le rôle des collectivités
territoriales de se consacrer à l’édification patiente mais résolue d’un
environnement favorable à la
compétitivité des entreprises. Le secteur
de l’ automobile a besoin d’asseoir
sa modernisation sur des éléments
concrets nés des investissements des
collectivités territoriales :
infrastructures de transport et de communication ; mais aussi pôles de
compétitivité, dont quatre sont spécifiques au
secteur automobile. Ces pôles
favorisent la mutualisation des efforts de
recherche et de formation et
préparent l’avenir de la filière en anticipant
les besoins du marché du travail. Je
porte, sur ce dernier point, une
attention particulière à la politique de
formation professionnelle, qui revêt aux
yeux des collectivités une importance
croissante. Mais je pense aussi aux
conditions d’ accueil des salariés et de
leurs familles en termes de logement,
d’ infrastructures scolaires, sociales et
culturelles.

L’importance du rôle des collectivités
donne toute sa pertinence à une
mesure du plan de relance opportune: la
possibilité, pour les collectivités
territoriales, de bénéficier du remboursement
anticipé de la TVA, soit une capacité
d’ investissement de 15 %% de plus . A cela
s’ajoute l’augmentation de 2 %% ,
à titre
exceptionnel pour 2009 , du taux des
concours de l’État aux collectivités
territoriales.

La capacité de nos élus locaux à
anticiper les besoins de leurs territoires
nous aidera beaucoup à traverser la
crise et peut contribuer à revaloriser
l’attractivité du secteur automobile
aux yeux des jeunes , en encourageant
par exemple l’ implantation d’ écoles
d’ ingénieurs dans les bassins de
production.

Dépasser les difficultés actuelles pour
préparer la croissance de demain, tel
est le défi que la France doit relever.
Or cela passe par la mobilisation des
territoires. L’exemple de la filière
automobile rappelle la nécessaire action
de proximité dans nos villes , dans nos
départements, dans nos régions. Élu
des Yvelines, premier département
automobile de France, cette question
ne pouvait me laisser indifférent.