Courage politique par Gérard Larcher

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Tribune · Républicains Sénat · 29 janvier 2009

L’année 2008 a mis le monde à l’épreuve.
Je ne m’y attarderai pas aujourd’hui car
nous avons désormais à nous projeter
vers l’avenir et à nous tourner
résolument vers 2009. il nous faut d’ailleurs avoir
bien conscience qu’au-delà de difficultés
prévisibles, 2009 peut nous apporter aussi des
motifs d’espérance.

Vous qui êtes des observateurs, des décrypteurs
de l’évolution de notre société, vous avez
constaté que la conscience de la nécessité d’agir
est mondiale, que des plans d’action de relance
()nt été décidés partout, et que celui qui accède
aujourd’hui à la présidence des Etats-Unis
d’Amérique proposera, dans quelques jours, un
plan de relance massifpour son pays. Vous aurez
noté que ces plans ont des objectifsg10balelJlent
convergents. Peu doutent de l’intérêt d’une
refondation responsable du libéralisme
économique.

Encore faudra-t-il qu’à Londres, en avril
prochain, on sache passer des bonnes intentions
à des décisions concrètes.

Aujourd’hui, moi j’ai une certitude: les mots
clés de 2009 seront: politique et volonté.

Et de cela, je me réjouis.
il nous faudra, chacun dans nos responsabilités,
faire preuve de volonté. Et qui dit volonté, dit
courage. Courage de proposer, de dialoguer, de
décider mais aussi courage de contre proposer.
Je ne doute pas un seul instant que, dans notre
pays, tel sera le cas.

Plus que jamais, le volontarisme politique
portera les réformes. Face aux doutes, aux
angoisses de nos concitoyens, c’est à nous,
hommes et femmes politiques,de leur apporter
le souffleet la volonté d’une résistance optimiste
à l’adversité. C’est à nous, représentants de la
Nation, de promouvoir l’intérêt général et de
démontrer ainsi toute la légitimité de
l’intervention politique.

La politique, dans toutes les acceptions du
terme, doit mettre les Français au centre de
toutes les décisions.
Faire de la politique, c’est aussi donner espoir
aux jeunes ; c’est ouvrir des perspectives aux
entreprises et à ceux qui les font vivre, leurs
salariés ; c’est assurer la sécurité de tous ; cest
garantir les libertés tant individuelles que
collectives.
2009 sera donc l’année des analyses politiques,
de décisions politiques, et donc il faudra faire
preuve de courage politique. (…)

Mais 2009 doit être aussi « lannée des
Parlements »…de tous les Parlements, je pense
à nos amis européens et au Parlement européen
qui sera renouvelé cette année. (…)

Mais si 2009 est l’année du Parlement, c’est
aussi du fait de la réforme constitutionnelle
votée en juillet 2008.

En tant que président du Sénat, je considère
cette réforme comme une chance pour le
Parlement et que peut s’ouvrir l’ère d’un
parlementarisme rénové. (…)
Le droit d’amendement, j’ai déjà exprimé
publiquement ma conviction,est consubstantiel
à l’exercice de la fonction parlementaire. Ce.
droit, en même temps, il faut le défendre conqe
les dérives qui menacent l’expression même de
ce droit en brouillant la lisibilité et la clarté du
travail parlementaire. Je dois vous dire,pour ce
qui est du Sénat, que ces dérives sont limitées,
très limitées.

La question de la gestion du temps
parlementaire n’est pas pour autant méprisable.
Le temps du travail en commissions sera
nécessairement accru pour la préparation au
débat en séance publique. il la sera aussi dans
le domaine du contrôle et de l’évaluation. Le
travail en séance ne devra pas être vidé de sa
substance. Pour autant, vous le constatez vous même :
la séance publique devrait être plus
dynamique et plus compréhensible pour nos
concitoyens.Cela sera possible par un rôle accru
des groupes politiques, tant de la majorité que
de l’opposition et pour les groupes minoritaires.

Au Sénat, nous avons choisi de donner un
« nouveau cap » à notre action. Vous le savez, il
s’agit d’une orientation majoritaitement choisie
et collectivement organisée. Il s’agit d’une
volonté commune d’être connus pou nos
travaux. Il s’agit d’une volonté collective de
promouvoir nos spécificités. (…)

Une spécificité du Sénat que nous avons
commencé à affirmer, et que nous continuerons
à pratiquer et à développer, est celle de la
collégialité.

Une collégialité qui s’exprime d’abord au sein
de nos commissions permanentes dans
lesquelles les sensibilités politiques peuvent
s’exprimer et échanger entre elles en totale
liberté. Notre groupe de travail sénatorial sur la
mise en oeuvre de la révision,constitutionnelle
n’a pas souhaité augmenter le nombre de
commissions permanentes et les porter à 8
comme cela est maintenant possible. Il a préféré
maintenir à six le nombre de ces commissions,
plus bien entendu, la commission en charge des
affaires européennes. (…)

D’autres changements vont intervenir
prochainement.
D’ici l’été, Public Sénat aura un nouveau
président directeur général. Il aura été désigné
collégialement, après une instruction conduite
par nos collègues Catherine Tasca, vice-présidente,
Bernard Saugey et Sylvie
Desmarescaux, secrétaires du Sénat. Début
février, un appel à candidatures sera rendu
public ainsi que le détail de la procédure que je
souhaite ouverte et transparente. Les projets
des postulants devront correspondre à
l’ambition du Sénat en matière d’information,
de décentralisation et d’interactivité avec les
collectivités territoriales et les Français. Cette
désignation devra s’inscrire dans l’esprit
d’indépendance et de pluralisme qu’ilconvient
de conforter à Public Sénat. (…)

Mais, pour dire aux Français ce qu’est le Sénat,
Mesdames et Messieurs les journalistes, nous
nous tournons vers vous.

Je sais que vous attendez avec impatience et
pour certains, avec quelques inquiétudes les orientations qui seront prises dans quelques
jours suite aux Etats généraux de la presse. Je
éomiais, pour avoir échangé avec nombre de
responsables du secteur, les difficultés que vous
rencontrez à tout niveau et je mesure que
l’avenir de votre profession est soumise à de
multiples contraintes, certaines liées à des choix
politiques.

Le Sénat, en tant que garant de toutes les
libertés, individuelles et collectives, veillera avec
vigilance et impartialité à ce que soient
respectées la liberté et la vitalité de la presse, de
toutes les presses. (…)