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Gérard Larcher : « Les élus ont une attente de clarification »
Républicains Sénat
Passage média · 29 janvier 2009

Gérard Larcher : « Les élus ont une attente de clarification »

Dans quel cadre les sénateurs se déplacent-ils à Bordeaux et Jonzac aujourd’hui ?

C’est un déplacement
de la mission temporaire présidée par le sénateur Claude Belot, de Charente-Maritime, qui
représente tous les groupes politiques du Sénat. Elle doit contribuer par ses propositions
à la préparation de la loi portant réforme des collectivités territoriales qui viendra en débat
à l’automne. Nicolas Sarkozy a installé un comité présidé par Édouard Balladur chargé de
lui faire des propositions en ce sens.

Travaillez-vous ensemble ?

Nous travaillons
différemment. Ce comité, chargé de faire des propositions au président de la République,
m’a entendu longuement et publiquement. Notre travail, à nous sénateurs, s’inscrit
beaucoup plus dans la durée. Il doit être rythmé par des débats qui se dérouleront en
séance publique aux mois de mars et de mai. Ils prendront en compte les propositions du
comité Balladur, puis les propositions de la mission Belot. Celle-ci a décidé de faire cinq
déplacements sur le terrain. En Aquitaine, nous parlerons du couple commune-région.
Nous irons ensuite à Lyon, où nous aborderons la question des grandes métropoles.
Ensuite, nous irons dans les Hautes-Pyrénées, où il sera question du département dans
des territoires de montagne. « Nous qui sommes au Sénat les représentants des
territoires, nous voulons dialoguer avec les femmes et les hommes qui y vivent »

Une
première synthèse d’étape a-t-elle été faite sur cette mission Belot ?

Le premier constat,
c’est que les élus ont vraiment une attente de clarification. Cela pose le problème de la
compétence générale dont disposent toutes les collectivités. Rien n’est décidé pour la
supprimer, mais cela fait partie des réflexions. Comme les territoires sont complexes, il
ne peut pas y avoir de réponse univoque. La mission a reconnu ensuite l’émergence du
phénomène de métropolisation, sans doute un terme nouveau qui sera retenu aussi par le
comité Balladur. Dernier constat : il ne faut pas rêver, il y a des contraintes
constitutionnelles. Les niveaux d’administration territoriale qui figurent dans la
Constitution ne peuvent pas être revus par une loi simple.

Quelles sont les perspectives ?

La proximité, c’est le couple commune-intercommunalité. La spécialisation, c’est le
couple département-région, avec des régions stratèges et des départements acteurs de
proximité dans le domaine social, ou même de l’éducation. À partir d’avril-mai, la mission
va aborder la question des finances locales. Nous venons pour écouter, partager avec les
citoyens. C’est pour cela que nous associons la presse régionale, comme « Sud Ouest ».
Aujourd’hui, nous aurons une table ronde avec les élus, mais aussi avec les citoyens.
Nous qui sommes au Sénat les représentants des territoires, nous voulons dialoguer avec
les femmes et les hommes qui y vivent.

Les élections régionales devraient être
reportées ?

Je n’en sais rien. C’est une décision strictement liée aux décisions qui seront
retenues sur une éventuelle modification du mode d’élection. Le débat est ouvert, la
mission ne donnera pas son avis avant d’avoir entendu tout le monde.

Le Sénat apparaît-il
comme incontournable ?

Au Sénat, il n’y a pas de majorité politique univoque. Dans le
domaine des collectivités locales, tout projet de loi doit y être étudié en première lecture.
C’est un point de passage obligatoire. Je rappelle que le maître mot, dans la crise actuelle,
c’est de rendre notre mode d’organisation compétitif.