Serge Dassault :  » Cet égalitarisme entre les tenants du capital et du travail est le seul vrai moyen d’éliminer l’esprit de lutte de classe »

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Passage média · Républicains Sénat · 23 avril 2009

Pourquoi avez-vous mis en place un partage des bénéfices en trois tiers ?

Cela fait plus de 20 ans que les résultats de Dassault-Aviation sont partagés en parts égales entre les salariés, les actionnaires et les investissements. Pour les premiers, cela peut représenter trois mois et demi de salaires supplémentaires, mais l’année prochaine cela sera sans doute moins puisque les sommes distribuées varient en fonction des bénéfices. J’ai repris une vieille idée du général de Gaulle, mais la proportion prévue était trop faible pour être attractive et changer les mentalités. Le plus important, c’est que salariés et actionnaires soient placés sur un pied d’égalité. Si l’on décide de consacrer 20% des résultats aux dividendes, alors il faut répartir la même somme entre les salariés selon une clé de répartition qui tient compte du niveau des salaires. Ce principe d’égalité est essentiel. Cet égalitarisme entre les tenants du capital et du travail est le seul vrai moyen d’éliminer l’esprit de lutte de classe. Et c’est possible, si on le veut. Une façon de distribuer du pouvoir d’achat au lieu de garder l’argent pour nous.

Quelles sont les conditions à remplir pour réussir ce partage ?

Cela change les mentalités, mais à condition auparavant de faire un accompagnement psychologique et surtout de mettre en œuvre un plan en 4 points.
1- Former tous les salariés à l’économie, aux mécanismes de l’entreprise afin qu’ils possèdent des notions élémentaires de gestion et une bonne compréhension des logiques de la société.
2- Il faut informer sur les données clés du groupe afin de tenir au courant ces salariés de l’évolution du groupe, ses problèmes comme ses succès.
3- Il faut s’en occuper en leur donnant de la considération.
Enfin, il faut faire comprendre aux syndicalistes que ce sont les clients qui font tourner l’entreprise. On ne vit que grâce à eux ! Ce n’est pas une idée très répandue.