Gérard Larcher : « Le département, les gens en ont besoin « 

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Passage média · Républicains Sénat · 18 mai 2009

Conduisant la mission sénatoriale Belot chargée de faire des propositions sur
la réforme des collectivités territoriales,Gérard Larcher, président du Sénat se
rend aujourd’hui dans le Tarn-et-Garonne où il sera reçu par Jean-Michel
Baylet, président du Conseil général, afin de rencontrer les élus. Demain il
sera dans les Hautes Pyrénées.

Entre le rapport Balladur, la
Mission Belot, et les réflexions de
l’UMP à l’Assemblée, la réforme des
collectivités territoriales ne
risque-t-elle pas de virer à l’usine à
gaz ?

Non au contraire. Le Sénat ayant le
rôle constitutionnel de représenter les
collectivités territoriales, il était
impensable qu’il attende passivement
qu’on lui impose un projet de loi. La
particularité de la Mission Belot est de
s’inscrire dans le temps, de représenter
la diversité d’opinions, d’avoir
développé des axes sur le terrain et de
préparer un texte qui sera discuté en
première lecture au Sénat.

Quelles sont les tendances qui se
dessinent pour cette réforme ?

Il y a des convergences sur le rôle de
l’intercommunalité, de la commune, de
la métropole. Le consensus est fort sur
le libre consentement de chacun. La
vraie difficulté c’est la répartition des
rôles entre le département et la région,
ainsi que sur les conseillers
territoriaux, notamment pour savoir si
ceux-ci seront les mêmes qui siégeront
au département et à la Région.

Pris entre la commune, la métropole
et la Région, le département ne
risque-t-il pas de faire les frais de la
réforme ?

Non. Le département est la collectivité
du social, peut-être demain du scolaire,
de l’aménagement et de l’équilibre
rural. Il est le lieu de toutes les
proximités. Les gens en ont besoin.
Méfions-nous de perdre de la
proximité. On peut évoluer sans perdre
un niveau de collectivité locale. Quant
à la région, elle a plus une vocation de
stratège économique et de gestionnaire
des grandes infrastructures. La
métropole est une réalité nouvelle qui
doit être prise en compte pour qu’elle
exprime pleinement ses potentialités.

Se dirige-t-on vers des fusions de
départements ou de régions ?

Je n’y crois pas. Il peut y avoir des
expériences menées. Dans certaines
régions, on peut avancer sur la base du
volontariat. Mais la difficulté consiste
à désigner un chef de file pour la
coordination de l’action publique
conduite par plusieurs collectivités.

Les services publics ne vont-ils pas
pâtir de cette réforme ?

Il faut être logique : si on modernise
l’État on ne peut pas garder les
structures d’hier. Il faut avoir le
courage d’ajuster mais en apportant un
certain nombre de garanties. C’est
pourquoi on aura besoin d’un texte sur
l’aménagement et l’équilibre rural.
Pour moi, c’est une vraie priorité. Sur
ce sujet, le gouvernement a besoin
d’être plus attentif et plus dynamique.

Au final, qui tranchera les
désaccords sur l’ensemble de cette
réforme ? Sarkozy ?

C’est le Parlement qui tranchera,
notamment le Sénat qui marquera
profondément les choses. Le Président
de la République donnera son avis.
Mais on ne fera pas une réforme a
minima. Mon rôle est de faire
accoucher des propositions qui ne
soient ni de l’eau tiède ni une fausse
révolution qui avorte. Notre pays doit
être doté de l’organisation territoriale
la plus performante possible pour
assurer pleinement la compétitivité de
ses territoires.