Avec Eric Doligé, sénateur du Loiret « L’outre-mer, on s’en occupe vraiment, ou on laisse tomber »

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Passage média · Républicains Sénat · 30 juin 2009

La République : Vous attendez quelque chose du déplacement de Nicolas Sarkozy aux Antilles ?

Eric Doligé : Quand Nicolas Sarkozy se déplace, il faut toujours attendre quelque chose. Il m’étonnerait qu’il s’y soit rendu sans songer à faire avancer le dossier sur un autre rythme. Nous somme au cœur des états généraux qu’il a lancé. Il a choisi ce moment parce que l’objectif consiste à relancer la machine, à donner un véritable avenir aux départements d’outre-mer.

La République : C’est-à-dire… ?

Eric Doligé : Une vraie politique qui ne consiste pas à mettre de l’argent public dans la main tendue… Ce n’est pas manifester de l’estime à ces territoires que de les maintenir en permanence sous perfusion. Ce n’est pas ainsi que l’on reconnaît les capacités humaines de leurs habitants. S’ils n’ont pas réussi jusqu’ici, c’est parce qu’on ne les a pas aidés à se développer.

La République : Vous allez rendre le 7 juillet votre rapport sénatorial aux membres de la commission, quelles sont vos observations et vos préconisations ?

Eric Doligé : Je vais faire 100 propositions dont 25 plus importantes dans tous les domaines, administratif, économiques, éducatifs.

La République : Faut-il une ou plusieurs collectivités aux Antilles ?

Eric Doligé : Aujourd’hui, nous avons département et région qui correspondent à peu près à la même chose. Il faut à mon avis une seule collectivité, avec plus d’autonomie. Aujourd’hui, nous avons sur place un nombre considérable de fonctionnaires avec des surprimes. Les collectivités n’ont aucune marge de manœuvre pour investir. Il faut avoir le courge de retravailler ce problème de la rémunération de la fonction publique et parapublique. Les communes sont peu nombreuses, mais, criblées de dettes, dans une situation financière catastrophique. Impensable en métropole. Nous sommes dans un Etat de droit : s’il y a des règles, il faut les appliquer ou alors changer les règles. La solution consiste sans doute en un moratoire avec effacement de la dette et l’on repart sur des nouvelles bases, mais en appliquant vraiment les règles.

La République : Comment développer économiquement ces territoires ?

Eric Doligé : Ils possèdent des atouts économiques incomparables… Or les Antilles dépendent à 97% de la métropole ! Il y a dans ces territoires des richesses agricoles, minérales et touristiques considérables. Il faut par exemple créer des filières agricoles, comme la canne à sucre, le rhum… développer les énergies nouvelles, s’intégrer dans les organisations économiques régionales. Que ce soit à la Réunion, aux Antilles et en Guyane, nous avons la deuxième surface maritime au monde. Il faut l’exploiter. Il ne s’agit pas, avec ces départements, de faire un coup politique. Soit on s’en occupe vraiment, soit on laisse tomber.

Propos recueillis par Christian Bidault.