Gérard Larcher veut clarifier le mandat des maires

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Passage média · Républicains Sénat · 30 juin 2009

Ouest France : Où en est-on du projet de la réforme territoriale ?

Gérard Larcher : Tout le monde est d’accord pour dire que la commune, c’est la cellule de base de la nation. Par contre, il faut achever l’intercommunalité car il y a des endroits ou les communes n’ont pas encore adhéré. On va leur donner deux à trois ans pour dire vers quelle intercommunalité elles se dirigent. Nous voulons donc solidifier le couple commune-intercommunalité. Quand on votera pour les conseils municipaux, il faudra à l’avance que les citoyens connaissent ceux qui seront appelés en responsabilité dans les intercommunalités.

Ouest France : Va-t-on aller vers une suppression d’échelon entre le département et la région ?

Gérard Larcher : On ne peut pas supprimer un échelon sans une modification de la constitution. Le Sénat ne le souhaite pas. Il veut d’abord clarifier. Ceci avec l’idée que le département, c’est la proximité sociale, l’aménagement rural. Et la région c’est le stratège sur les infrastructures, l’économie générale. Le conseiller général deviendrait un conseiller territorial. Il pourrait être élu sous la forme d’un canton qui soit un peu plus grand pour qu’il y ait une moyenne pondérée entre le petit canton rural et le grand canton urbain. Donc un redécoupage cantonal. Reste à savoir si le conseiller territorial élu au département est en même temps le conseiller territorial qui siège à la région. C’est le débat que nous aurons d’ici l’automne.

Ouest France : Cette réforme est-elle dictée par un souci d économie ?

Gérard Larcher : Il y a urgence. Que cherchons-nous ? Nos collectivités territoriales, c’est 73% de l’investissement public dans notre pays. C’est 202 milliards d’investissement. C’est 1,8 million de salariés. On est sur du « lourd » quand il faut parler compétitivité du territoire et d’efficacité de la dépense publique. Mon rôle de président du Sénat, c’est d’organiser et de faciliter ce débat.

Ouest France : Dans la commune, le maire se sent parfois oublié. Est-il la dernière roue du carrosse républicain ?

Gérard Larcher : Les français connaissent leur maire et le président de la République. Le maire joue un rôle essentiel. C’est sur lui que pèsent toutes les responsabilités. Il est surchargé de responsabilités, de complexité administrative avec le département, la Région, l’Europe et l’Etat. Il faut définir clairement les choses pour que les maires ne s’y perdent plus. On invente des machines tellement complexes que personne ne s’y retrouve. Même dans les grandes communes, nous voyons la logistique administrative se gratter la tête par l’interprétation de circulaires qui font 25 pages. Vous imaginez ce que cela peut donner pour un collègue maire qui a en tout et pour tout une secrétaire de mairie.