Larcher, la passion des chevaux

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Passage média · Républicains Sénat · 18 août 2009

Le président du Sénat a déjà réalisé son rêve en exerçant la profession de vétérinaire. Après la politique, il aimerait devenir éleveur.

À l’île de Batz, au large de Roscoff où le président du Sénat passe ses vacances depuis trente ans, Gérard Larcher retrouve les joies de la nature. Chaque matin, il part en mer poser ses casiers à homards puis, au retour, il taquine le bar. Plus que la politique, la nature est la passion numéro un de Gérard Larcher. Le deuxième personnage de la République affirme qu’il n’a jamais rêvé ni d’être ministre ni de devenir président du Sénat. Longtemps, il n’a vécu que pour être au contact des chevaux et de la nature. Un rêve qu’il a « à moitié accompli » avant d’embrasser la carrière politique il y a trente ans.

Élevé selon son expression « au rythme des chevaux qui tapent dans les boxes », Gérard Larcher a su dès l’âge de 13 ans qu’il « ferait » vétérinaire. Enfant, il accompagnait dans sa tournée le vétérinaire de Carrouges, un village normand, situé près de Bagnoles-de-l’Orne. « Je soignais les bovins et les chevaux de trait. J’assistais à la castration des chevaux et au poulinage des juments », se souvient-il avec des trémolos dans la voix. Propriétaire d’une petite usine de textile, son père possédait une vingtaine de chevaux de selle et de vénerie. « J’étais un fou de chevaux », raconte-t-il. Après un bac passé au lycée de Caen, Gérard Larcher s’inscrit dans une « prépa véto » à Amiens avant d’intégrer l’école vétérinaire de Lyon. Son rêve d’enfant prend alors forme.

Présent aux JO de Montréal en 1976

Gérard Larcher va l’exaucer au-delà de toutes ses espérances. À la fin de ses études, il fait son service militaire à la caserne de la garde républicaine à Paris. « Cinq cents chevaux pour moi, c’était formidable », s’exclame-t-il. Mais le rêve ne s’arrête pas là. Le vétérinaire militaire se mue ensuite en vétérinaire sportif, puisqu’il intègre la fédération des sports équestres. À 24 ans, il exerce ses talents au Haras du Pin en Normandie au milieu des meilleurs chevaux français. Son nouveau statut de vétérinaire de l’équipe de France le conduit aux quatre coins du monde. Son heure de gloire sonne en 1976 lorsqu’il accompagne l’équipe de France de concours équestre aux Jeux olympiques de Montréal. « Ce fut une aventure extraordinaire. J’ai côtoyé le gratin de l’hippisme pendant des années. J’ai une grande admiration pour les cavaliers Marcel Rozier, Pierre Jonquères d’Oriola, tous deux champions Olympiques. Mais le plus impressionnant fut ma rencontre avec Jean d’Orgeix, un cavalier génial mais aussi un aventurier à la fois guide de chasse en Afrique et acteur de cinéma. J’ai vraiment vénéré toutes ces stars de l’équitation », confie l’ancien ministre. À Montréal, où il croise Guy Drut, le futur président du Sénat partage avec les cavaliers tricolores les joies de la médaille d’or olympique décrochée par l’équipe nationale d’équitation.

Cette vie de « saltimbanque » cesse en 1979, lorsqu’il entre au conseil municipal de Rambouillet. Entre-temps, Gérard Larcher, qui s’est marié, a ouvert un cabinet de vétérinaire libéral dans la sous-préfecture des Yvelines. Devenu maire en 1983, il mettra ensuite un terme à son activité professionnelle pour se lancer en politique. Une seconde passion qu’il a découverte pendant ses études en adhérant à l’UJP (Union des jeunes pour le progrès), un mouvement politique proche du RPR qui donnera sa chance à Nicolas Sarkozy, Michel Barnier ou encore Hervé Gaymard.

Un livre avec Yann Arthus-Bertrand

La carrière du maire de Rambouillet sera rapide. En trente ans, l’élu local va franchir toutes les étapes en devenant successivement sénateur, ministre (dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin) puis accéder, l’an passé, à la présidence du Sénat.

À 59 ans, Gérard Larcher continue d’entretenir son rêve. S’il ne murmure plus à l’oreille des chevaux, le président du Sénat, qui est aussi un fan de chasse, ne délaisse jamais longtemps sa passion. En 2006, il a signé les textes du livre de photos réalisées par Yann Arthus-Bertrand consacré aux animaux de ferme (Bestiaux, Éditions de La Martinière). Il donne un coup de main aussi aux amis de sa fille étudiante en école de commerce qui ont créé une junior entreprise spécialisée dans l’achat de poulains en Grande-Bretagne.

Mais l’homme politique songe aussi à réaliser la deuxième partie de son rêve et n’abandonne sa passion pour les animaux de ferme. « Dans ma deuxième vie, après la politique, j’aimerais être éleveur de chevaux et de bovins. Mon père a élevé des chevaux et des bœufs gras, se souvient-il. Si je réalisais ce rêve, la boucle serait bouclée. »

Bruno Jeudy