Colette Giudicelli : « au Sénat, il y a des jeunes et des actifs ! »

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Passage média · Républicains Sénat · 10 septembre 2009

Entrée au Sénat en octobre 2008, Colette Giudicelli n’a pas encore eu le temps de visiter entièrement le Palais du Luxembourg et ses fabuleux jardins. « Dès mon arrivée à Paris, le mardi matin, j’enchaîne avec les séances des commissions et les réunions des groupes de travail ».

Le mercredi soir, il faut repartir pour les Alpes-Maritimes, rejoindre le conseil général, dont elle est vice-présidente… Dans quelques semaines, cela fera un an que Colette Giudicelli a pénétré sous les ors du Luxembourg. Pas de quoi lui faire perdre la tête.

Dans sa Lettre d’information qui sortira le 1er octobre, elle l’assure : « pour être efficace, je compte sur mon expérience d’élue locale qui a mis les mains dans le cambouis ».

Votre première entrée dans l’hémicycle ?

Impressionnant. C’est un cadre magnifique, chargé d’histoire… Dans le cadre des auditions, on rencontre des personnalités éminentes, professeurs, philosophes… J’ai tout de suite eu le sentiment que j’avais de grandes responsabilités. Et très vite, il y a eu beaucoup de travail ! Contrairement, à la réputation des sénateurs.

« Travail sur la longueur »

Le Sénat conserve une image « vieillotte »…

C’est une image complètement fausse ! Les élus travaillent et je vous le dis : il y a des trentenaires, des gens actifs ! Ce qui peut tromper, c’est que nous sommes davantage dans la réflexion. On nous demande d’élaborer la loi, de contrôler, de prospecter… C’est un travail sur la longueur. Le nouveau président, Gérard Larcher, s’est attaché à modifier beaucoup de choses : réduction du budget, nouvelles méthodes de travail…

Vous êtes investie dans le domaine social ?

Je suis membre de la commission des affaires sociales. Le sujet est vaste, au coeur de la vie de chacun : cela va du droit du travail à la politique de la santé, la famille, la sécurité sociale… Les plus gros chantiers en 2009 ont été la loi sur le revenu de solidarité active (rsa) et la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires.

Depuis votre élection, recevez-vous davantage de sollicitations ?

Oui, de la part de maires de nombreuses communes, mais également de la part de particuliers. L’un d’entre eux que je ne connaissais pas, m’a emmenée à Beausoleil sur un terrain où la principauté de Monaco réalise des appartements pour handicapés. J’ai trouvé le projet très intéressant et cette visite m’a convaincue de l’intérêt de créer de tels appartements dans le futur éco-quartier du Careï.

A combien se monte votre dotation parlementaire et comment l’utilisez-vous ?

Elle est de 75 000 euros. Je préfère les distribuer aux petites communes du département souvent subventionnées à 80 % et qui ont du mal à trouver les 20 % restant. J’ai choisi de les répartir par tranches de 15 000 euros et les deux tiers ont été affectés en début d’année. Ainsi, Fontan en a bénéficié pour financer des aménagements dans le village, Cap d’Ail pour la pelouse d’un terrain de sport, Peillon, pour installer des ordinateurs dans l’école. La prochaine enveloppe sera pour Breil-sur-Roya. En tant que sénateur des Alpes-Maritimes, je pourrais financer des communes se trouvant à l’autre bout du département. Mais sur le budget 2009 j’ai commencé par privilégier le pays mentonnais.

Comment partagez-vous votre temps entre le conseil général et le Parlement ?

Au pas de course ! Je pars le mardi matin à 7 heures pour Paris et entre le trajet vers Nice, le vol et le trajet d’Orly au Palais du Luxembourg, il faut compter au moins 4 h 30. Quand j’arrive vers 11 heures, j’ai juste le temps de poser mes valises pour me rendre aux réunions qui commencent à 11 h 30. Quand je sors de réunion de commission, c’est pour aller dans l’hémicycle. Et selon les lois sur lesquelles nous travaillons, les séances se poursuivent fréquemment de nuit. Je rentre à Menton le mercredi vers 20 heures ou 21 heures, pour être le jeudi au conseil général, traiter les appels, assister aux séances plénières… Et il m’est arrivé de remonter plusieurs fois à Paris le vendredi pour retourner dans l’hémicycle. Pour l’examen de la loi sur la fin de vie par exemple.

« Moins de pression »

Et votre vie de famille ?

J’ai été premier adjoint du maire de Menton durant 20 ans (1), tout en étant élue au conseil régional puis au conseil général (2), cela ne me change pas beaucoup ! Mais, je ressens moins de pression. Ça aide.

Les grands dossiers de la rentrée fixée au 14 septembre ?

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2010, le Grenelle II sur l’environnement, un vaste chantier, et la réforme des collectivités territoriales. Je fais partie du groupe de travail chargé de plancher sur le sujet, notamment la création des Conseillers territoriaux (NDLR : le regroupement des conseillers généraux et des conseillers régionaux). Un dossier sensible. C’est déjà l’ébullition chez les élus concernés.

(1) Touchée par le cumul des mandats, Colette Giudicelli a choisi d’abandonner son mandat de première adjointe.
(2) Vice-présidente, chargée des finances et de l’administration générale.

RECUEILLI PAR MARIE-CHRISTINE ABALAIN ET JEAN-CHARLES PIERSON