L’apaisant Gérard Larcher

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Passage média · Républicains Sénat · 28 octobre 2009

PONT-L’ABBÉ-D’ARNOULT
Invité au congrès des maires, le président du Sénat s’est évertué à rassurer les élus locaux

Tout en bonhomie et en rondeurs, le président UMP du Sénat Gérard Larcher s’est longuement prêté au jeu des questions réponses avec les 400 congressistes (170 maires, des adjoints, des conseillers régionaux et généraux) qui avaient pris place, hier matin, sur les fauteuils du foyer rural de Pont-l’Abbé-d’Arnoult pour leur congrès départemental annuel.
Il s’agissait de son 25e déplacement dans un département pour évoquer la réforme de la gouvernance des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle (1). Rompu à ce genre d’exercices, le deuxième personnage de l’État s’est employé à rassurer les élus.

Quelle autonomie ?

« On a envie de faire confiance au Sénat, a pourtant rétorqué un représentant d’Esnandes. Mais quand on voit les précédents que représentent La Poste, GDF, le financement des écoles privées, je me demande si les maires ne vont pas devenir des notables locaux sans réel pouvoir ».

Les interrogations des édiles portaient avant tout sur leurs futures marges de manœuvre financières. Répondant ainsi aux inquiétudes soulevées d’une plus grande dépendance vis-à-vis du pouvoir central que créé la suppression de la taxe professionnelle, Gérard Larcher a assuré que « la décentralisation était aujourd’hui un sujet de consensus ». Il a justifié la suppression de la taxe professionnelle, qui « a fait l’objet de 20 réformes et de 72 ajustements depuis 1979 », par la volonté d’arriver à une « meilleure péréquation et solidarité entre les territoires ». Une réponse assortie d’une mise en garde : « Quand le PIB est négatif, il ne faut pas s’attendre à toucher plus d’argent ».

« J’ai évolué positivement »

Alors que l’État s’est engagé à compenser en 2010 la perte de la taxe professionnelle, Gérard Larcher s’est voulu là aussi apaisant : « Pour l’après le 1er janvier 2011, on va demander des clauses de revoyure dans la loi. Les évolutions des effets seront permanentes ».

À la question du conseiller général de Saintes-Est, Jean-Yves Quéré, circonspect sur le statut de conseiller territorial, « un nouveau mandat hybride », Gérard Larcher a expliqué que « le sujet fait encore débat mais le Conseil constitutionnel nous a demandé de rééquilibrer la taille des cantons. Et l’élection sur un territoire infra-départemental maintient la vie du canton ».

« J’ai évolué positivement sur la création du conseiller territorial », confiera-t-il ensuite en aparté. Reste aux édiles plus critiques à suivre le même processus, ce qui n’est pas gagné.

(1) Siégeant à la fois dans les départements et les régions, 3 000 conseillers territoriaux devraient remplacer en 2014 les 4 000 conseillers généraux et 2 000 régionaux. Parallèlement, la taxe professionnelle supprimée dès 2010 et remplacée par une cotisation économique territoriale, sera calculée en fonction du foncier bâti et de la valeur ajoutée.

DAVID BRIAND