Gérard Larcher :  » L’espace rural ne doit pas être un espace de récréation des urbains « 

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Passage média · Républicains Sénat · 17 novembre 2009

Quels sont les principaux points sur lesquels bute la réforme des collectivités territoriales ?

Sur le bloc communes-intercommunalités, il n’y a pas trop d’interrogations de fond mais des questions de forme, notamment sur le mode de fonctionnement. L’inquiétude principale vient des communes rurales, qui craignent de se faire  » avaler  » par les communes urbaines. Sur la représentation dans les intercommunalités, il faut faire évoluer le texte : je pense qu’au Sénat, nous allons essayer de croiser la représentation des populations et des territoires. Il y a aussi la question du poids des grandes métropoles par rapport au reste des territoires. Comment assurer l’équité ? Ceci est aggravé par les crises agricoles agroalimentaires. L’espace rural ne doit pas être un espace de récréation des urbains mais un espace économique et un espace de vie.

Et au niveau des départements et des régions ?

Il faudra préciser dans le deuxième texte quelles sont les compétences spécifiques de chacun, quelles sont les compétences où on définit un chef de file, qu’est-ce qu’on doit avoir en commun et est-ce qu’on doit avoir la même réponse partout.

Là, il y a encore des discussions. Cela pose nécessairement une question de calendrier. Il ne faut pas saucissonner l’examen du projet de loi. Nous voulons avoir une vision globale.

Etes-vous favorable au mode d’élection prévu pour les conseillers territoriaux ?

Le choix proposé correspond mieux à l’équilibre que je souhaitais depuis qu’il a été précisé que ce serait un mode de scrutin cantonal, donc territorialisé. La part de proportionnelle est un choix politique. Il ne suscite de ma part ni rejet ni enthousiasme.

Vous approuvez le scrutin à un tour ?

Cela s’inscrit dans une logique de modernisation des rapports politiques, à condition qu’il y ait une part de proportionnelle. Disons que ça encourage la clarté. En tout cas les alliances politiques.
Les délégations aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental dénoncent une régression pour la parité.

Avec l’abaissement de 3 500 à 500 habitants du seuil pour l’application du scrutin proportionnel dans les communes, on va avoir une augmentation formidable du nombre de femmes dans les intercommunalités. Comme les intercommunalités sont le soubassement des élections territoriales, la parité va progresser.

Propos recueillis par P. Rr