Jean-Claude Gaudin : « Le thème de la sécurité ne doit pas occulter tout le reste »

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Passage média · Républicains Sénat · 27 novembre 2009

Quels doivent être, selon vous, les principaux axes de la campagne de l’UMP pour les régionales ?

La création d’emploi et la compétitivité des entreprises pour empêcher à tout prix les délocalisations ; la sécurité de nos compatriotes ; la défense de la ruralité… Sans être sur la défensive, nous devons aussi ramener à sa juste présentation la réforme des collectivités territoriales. Il faut répondre aux mensonges exorbitants de la gauche. Les socialistes qui veulent tout noircir, notamment sur cette réforme nécessaire, se discréditent aux yeux des Français. Ils sont empêtrés dans leurs rivalités égocentriques et dans les régions, qu’ils président, ils n’ont aucune leçon à nous donner. Ils y sont allés plein pot, faisant du clientélisme, embauchant tous azimuts et intervenant sur tout, ce qui n’était pas l’esprit de la première décentralisation.

Nicolas Sarkozy insiste sur la sécurité et l’identité nationale pour capter les voix du FN. Ne craignez-vous pas cependant une lassitude des électeurs devant la réédition de la tactique de 2007 ?

Aux élections régionales, le danger reste le même depuis des décennies : est-ce que le Front national arrivera à passer la barre des 10 % lui permettant de se maintenir au second tour ? Dans ce cas, il empêchera la droite républicaine de gagner ce scrutin et les socialistes pourront se pourlécher les babines. Mais en politique, rien n’est jamais écrit. Nous sommes plutôt satisfaits que le FN ne soit pas aussi fringant qu’autrefois.

En Paca, la sécurité doit-elle être le thème majeur ?

Il convient de faire une campagne nationale, mais il faut l’adapter aux spécificités et aux réalités de chaque région. Dans la bataille de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce sont surtout les infrastructures de transport qui feront l’objet d’un débat très fort. Le président de la région, le socialiste Michel Vauzelle, n’a pas construit un seul kilomètre d’autoroute depuis 1998 !

On sent chez vous une réserve…

La sécurité est un thème important ; nous n’avons pas à renier nos principes et nos engagements. Mais elle ne doit pas occulter tout le reste. La longévité de ma vie politique m’a appris à rechercher le consensus plutôt que l’opposition frontale.

La majorité met aussi en avant l’environnement pour séduire les électeurs sensibles à l’écologie. Une déception au sommet de Copenhague ne serait-elle pas une mauvaise nouvelle ?

Il ne s’agit pas de séduire des électeurs. Le développement durable est un impératif largement partagé par nos compatriotes. Si on arrive à avancer à Copenhague, c’est bien. Mais s’il faut s’y reprendre à plusieurs fois, ce n’est pas gravissime. Ces questions sont l’affaire d’une génération. L’important est que la France soit à la pointe du combat.

A quatre mois du scrutin, quels sont vos espoirs de conquête ?

D’abord conserver ce que l’on a, à savoir l’Alsace et la Corse. Ensuite, nous espérons gagner quelques régions. Mais ne me demandez pas lesquelles : avant le match, je ne fais jamais de pronostic. Même si nous avons eu une bonne surprise aux européennes, les circonstances ne nous sont pas favorables : la crise est encore très présente, le programme présidentiel sur cinq ans n’est pas entièrement réalisé et les élections intermédiaires ne sont jamais très favorables aux gouvernements en place.

Mettre la barre très bas, n’est-ce pas un moyen de donner de l’importance à quelques conquêtes symboliques si vous n’obtenez pas la majorité des régions ?

Comme nous partons de presque rien, nous ne pouvons que progresser.

Le villepiniste Jacques Le Guen, investi par les militants bretons, vient d’être écarté au profit d’une sarkozyste. Les souhaits du chef de l’Etat prévalent-ils sur le vote des adhérents ?

Non. La situation a évolué. A l’état-major de l’UMP, nous avons fait l’erreur de consulter trop tôt les militants sur les candidatures régionales. En Bretagne, un petit nombre d’entre eux avaient choisi Jacques Le Guen. Depuis, Bernadette Malgorn a capitalisé autour d’elle une majorité de militants et a reçu l’appui très fort de parlementaires et d’élus locaux. Il fallait expliquer cela à Jacques Le Guen et personne ne le faisait. Je m’en suis chargé. Maintenant, il faut trouver le moyen de les rapprocher. Mais je n’admettrai pas que l’on dise que l’on a voulu écarter Jacques Le Guen parce qu’il est un ami de Dominique de Villepin. N’entretenons pas la division. Les Français en ont assez des critiques internes à la majorité.