Oui, au débat sur l’identité nationale !

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Éditorial · Républicains Sénat · 18 décembre 2009

Vingt-cinq parlementaires UMP défendent la nécessité d’une grande consultation sur l’identité nationale, source de cohésion.

Mardi 8 décembre dernier, le président de la République s’est exprimé avec force dans une tribune parue dans un journal du soir sur
« l’identité nationale, antidote au tribalisme et au communautarisme »
.
Mardi 8 décembre dernier, l’Assemblée nationale a débattu de l’identité nationale, au travers d’une large discussion que la majorité avait souhaitée ouverte et constructive. Vendredi 4 décembre, le premier ministre avait clôturé le colloque de l’Institut Montaigne en rappelant qu’à la très belle question « Qu’est-ce qu’être français ? » « il n’y a pas de réponse unique mais il existe des lignes de force qui nous rassemblent ».

Le débat, engagé voilà quelques semaines, provoque, interroge, ou conforte, rassure. Mais il existe et passionne les Français. C’est pourquoi nous sommes de nombreux parlementaires UMP, représentants de la Nation, à souhaiter réaffirmer l’évidente nécessité de ce grand débat sur l’identité nationale.

Tout d’abord, il s’agit d’un engagement pris par Nicolas Sarkozy devant les Français lors de l’élection présidentielle de 2007. Cet engagement-là, comme les autres, est respecté, et nous nous réjouissons qu’Éric Besson ait pris l’initiative de ce débat.

L’identité nationale n’est pas un concept figé. C’est une idée vivante, ancienne, et pourtant particulièrement actuelle. La France est une nation qui s’est construite non pas sur la base des origines géographiques, raciales, ethniques ou religieuses, mais en se rassemblant autour d’une langue, d’une culture, de valeurs fondamentales et de principes républicains, comme l’égalité, la liberté, la fraternité, la laïcité, qui sont sans cesse mis à l’épreuve, suscitent des questions et doivent être confortés.

L’identité nationale nous concerne tous, vivant en France, de quelque origine et de quelque sensibilité politique que l’on soit. C’est un sujet essentiel, un sujet du quotidien à explorer au quotidien. Fernand Braudel écrivait que « la France, ce sont des France différentes qui ont été cousues ensemble ». Et ce débat nous permet d’en discuter, de nous opposer éventuellement pour mieux nous rassembler ensuite, de raffermir notre cohésion et notre unité d’autant plus que nous aurons réfléchi et dialogué librement.

Les défis auxquels notre nation est confrontée, qu’il s’agisse du communautarisme, de la place des différentes religions dans notre République, de l’accueil et de l’intégration des immigrés, de toutes les discriminations qui minent notre cohésion nationale, de la poursuite de la construction européenne ou de l’ouverture assumée à la mondialisation, méritent ainsi d’être débattus, sans tabou.

Juger que ce débat devrait attendre une année dépourvue d’échéances électorales ou la fin de la crise économique mondiale, ce serait refuser de prendre la mesure des enjeux. Laisser ce débat aux seuls nationalistes et xénophobes, ce serait de nouveau faire leur jeu. Estimer qu’il ne faut pas y parler de l’immigration, parce que celle-ci n’aurait pas de lien avec l’identité nationale, ce serait nier que notre nation s’est constituée sur la base de vagues successives d’immigration et que des efforts doivent encore être accomplis pour mieux intégrer les populations immigrées. Entretenir un tabou sur l’identité nationale, ce serait ne pas rendre service à notre nation. Et affirmer que ce débat est trop sensible pour qu’on l’ouvre au peuple, ce serait se faire une bien piètre idée de la France.

Notre pays a besoin de ce débat, qui éclaire l’avenir et conforte notre destin commun. Tout débat comporte sa part de risque. Et tout débat enrichit celles et ceux qui acceptent la discussion, le dialogue et les idées de l’autre. C’est la force et la vertu des démocraties. C’est la liberté de notre République.

Les 40 000 contributions postées sur le site Internet du débat démontrent cette envie de débattre. Les multiples discussions, les interrogations, les échanges d’idées que nous entendons dans nos circonscriptions le soulignent. Plus de 300 réunions locales sont d’ores et déjà organisées à travers le pays, avec des représentants des associations, du monde enseignant, des religions, des chefs d’entreprise, des organisations syndicales, ainsi que des élus locaux, nationaux et européens, de toutes tendances politiques. Ces réunions se déroulent dans un esprit d’échange et de dialogue qui honore notre République. En animant ce débat, l’État reprend son rôle de bâtisseur de la nation. Et les élus que nous sommes y prennent toute leur place.

De ce grand débat, qui va se poursuivre, naîtront des consensus, des idées nouvelles, des propositions. Afin de conforter notre cohésion nationale. Parce que les valeurs de la République qui nous unissent doivent être replacées au centre de la vie publique. Parce que, comme l’a rappelé le président de la République, il faut respecter ceux qui arrivent et ceux qui accueillent. Parce qu’il nous revient de faire vivre les principes républicains, qui guident notre action et luttent contre les tentations de repli sur soi ou les communautarismes. Parce que la liberté, l’égalité et la fraternité ne sont pas de vains mots, parce que les symboles de la République sont notre socle commun comme la France est notre bien commun, parce que La Marseillaise reste notre hymne national, parce que la lutte contre les discriminations et l’égalité des chances sont des politiques réaffirmées, parce que la poursuite d’une Europe politique et sociale demeure un objectif accessible, parce que l’identité nationale de la France nous rassemble et nous donne de la force dans la mondialisation.

Alors oui, il est utile que chacun se demande ce que c’est d’être français, afin d’y apporter sa réponse, avec sa sensibilité et sa croyance. Il est utile de débattre sur l’identité nationale. C’est un devoir et c’est une chance, pour notre pays.

* Signataires : les sénateurs Pierre Bernard-Reymond (Hautes-Alpes), François-Noël Buffet (Rhône), Philippe Dominati (Paris), Catherine Dumas (Paris) et Éric Doligé (Loiret) ; les députés Philippe Boënnec (Loire-Atlantique),Chantal Brunel (Seine-et-Marne), Patrice Calmejane (Seine-Saint-Denis), Philippe Cochet (Rhône), Olivier Carré (Loiret), Marc-Philippe Daubresse (Nord), Bernard Debré (Paris), Éric Diard (Bouches-du-Rhône), Jean-Pierre Door (Loiret), Daniel Fasquelle (Pas-de-Calais), André Flajolet (Pas-de-Calais), Nicolas Forissier (Indre), Alain Gest (Somme), Claude Greff (Indre-et-Loire), Laure de La Raudière (Eure-et-Loir), Pierre Lequiller (Yvelines), Jean-Philippe Maurer (Bas-Rhin), Georges Mothron (Val-d’Oise), Yanick Paternotte (Val-d’Oise), André Schneider (Bas-Rhin).