Gérard Larcher : « Le Sénat a été entendu »

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Passage média · Républicains Sénat · 15 octobre 2010

Gérard Larcher, le président du Sénat, était en Bretagne, le 14 octobre dernier, pour l’inauguration d’un centre de rééducation fonctionnelle à Douarnenez. Il est aussi aux avant-postes sur la réforme des retraites qu’examine en ce moment la Haute Assemblée.

Quel aura été l’apport du Sénat à la réforme des retraites ?

Il y a un mois, j’ai dit combien il était nécessaire de se pencher sur un texte indispensable, celui qui concerne le sauvetage du système de retraites par répartition. J’ajoutais alors qu’il fallait rechercher un équilibre financier, et qu’à l’intérieur de cela, il fallait assurer un maximum d’équité. J’ai mis en avant quatre sujets : le problème des chômeurs de très longue durée qui ont pâti de ruptures de carrière ; le problème des polypensionnés; la situation des femmes; le problème des handicapés. Ce sont ainsi le travail de la commission des Affaires sociales du Sénat et, un peu modestement, les idées que j’avais avancées qui ont généré les amendements adoptés par notre assemblée.

Le gouvernement affirme qu’il est allé au bout des concessions possibles. Partagez-vous cette attitude de fermeté ?

Je considère que le débat au Sénat a permis de faire bouger les choses. Il reste encore des choses à faire. Je pense, par exemple, que la situation des chômeurs de très longue durée nécessitera de rouvrir un débat sur la révision de l’assurance-chômage. Il reste par ailleurs un certain nombre de sujets à traiter, comme la médecine du travail. Elle doit nous permettre d’évaluer à l’avenir la pénibilité et les raisons de la cessation d’activité anticipée.

Ne craignez-vous pas un effet CPE si les syndicats parviennent à mobiliser leurs troupes, les salariés et les jeunes contre la réforme ?

Plus personne aujourd’hui ne dit que notre système de retraites n’a pas besoin d’être réformé. Il y a par ailleurs des nécessités financières qui s’imposent à nous. Pour l’heure, je m’emploie à ce que nous parvenions à sortir, à l’issue des discussions de la commission mixte paritaire (composée de sénateurs et de députés dont le rôle est de rapprocher les points de vue des deux assemblées), avec une bonne réforme qui nous permette d’avoir de bonnes perspectives à moyen terme en matière de répartition et aussi d’éviter une diminution du montant des retraites.

Où en est la réforme des collectivités locales qui concerne au premier chef le Sénat ?

Elle fait l’objet d’un débat préparatoire à une commission mixte paritaire qui devrait se tenir à l’issue de l’adoption de la réforme des retraites. Tout le bloc communal fait l’objet d’un consensus. La création du conseiller territorial a été adoptée. Demeurent deux sujets de discussion : le mode de scrutin pour l’élection des futurs conseillers territoriaux et la répartition des compétences entre département et région.

Nicolas Sarkozy a annoncé un remaniement avec quatre mois d’avance. Était-ce bien raisonnable ?

La décision appartient au président de la République, et à lui seul. Mais je dis qu’il est grand temps que la conclusion arrive parce que nous avons beaucoup de sujets à traiter. Par exemple, comment réussir la sortie de crise? Comment traiter la question de la dépendance ? Comment résoudre la problématique de l’emploi et d’abord celle de l’emploi des jeunes ? Il y a plein de sujets sur la table pour les dix-huit mois qui viennent, et je crois qu’il est l’heure d’entamer le troisième temps du quinquennat de Nicolas Sarkozy.