Gérard Larcher : « Impérativement réformer »

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Passage média · Républicains Sénat · 18 octobre 2010

Le président UMP du Sénat s’est confié au Courrier picard sur les prochaines transformations qui attendent les collectivités territoriales et sur le grand chantier des retraites.

Gérard Larcher, vous effectuez votre 69e déplacement en province depuis votre élection à la tête du Sénat en 2008. Pourquoi une telle boulimie ?

Pas de boulimie, mais une mission constitutionnelle : le Sénat représente les collectivités territoriales. Il est donc tout à fait logique que le Président du Sénat reste « connecté » en permanence aux élus locaux et soit attentif à leurs préoccupations quotidiennes. Je vais partout où je suis convié pour expliquer les conséquences de la réforme des collectivités territoriales.

Aujourd’hui, aux maires de l’Oise, vous voulez surtout parler de la réforme des collectivités territoriales. Quel est votre message ?
Répondant à l’invitation d’Alain Vasselle (N.D.L.R. : président de l’Union des maires de l’Oise), je viens dire aux maires isariens qu’ils sont des éléments essentiels de la démocratie locale puisqu’ils représentent la proximité et que la future loi confortera l’institution communale qui, seule, sera dotée de la compétence générale. Il faut aussi bien comprendre que cette réforme est importante pour la compétitivité de nos territoires. Il en va de même de la réforme de la fiscalité locale.

Pourquoi le Sénat a-t-il refusé le mode d’élection des futurs conseillers territoriaux ainsi que la nouvelle répartition des compétences des collectivités ?

Pourquoi voir systématiquement le verre à moitié vide ? La création d’un conseiller territorial est votée. Il aura un territoire d’élection, le canton, avec un mode scrutin sur lequel le Sénat n’a pas réussi à dégager une majorité. Il permettra de rapprocher le citoyen de ses élus. Il nous reste à fixer le mode de scrutin. La commission mixte paritaire devrait faire des propositions le 3 novembre prochain. Concernant la répartition des compétences, le Sénat a prévu, 6 mois après l’élection de 2014, un schéma régional de répartition des compétences entre les départements et les régions car la réponse doit s’adapter aux particularités locales.

Votre position personnelle sur ce sujet est-elle la même que la majorité du Sénat ?

Pour ma part, je suis pour le scrutin majoritaire et pour un canton. Mais en tant que Président du Sénat, je ne prends pas part aux votes !
Qu’attendez-vous de la commission paritaire le 3 novembre ?
Elle devra faire converger les positions des deux assemblées sur trois sujets : le mode d’élection du conseiller territorial, le tableau de répartition des conseillers territoriaux et la clarification des compétences entre la région et le département. Je fais confiance à la responsabilité des parlementaires pour rechercher une solution équilibrée.
Sur la réforme des retraites, vous avez proposé de revenir à 65 ans pour la pension à taux plein. Le gouvernement a-t-il encore des marges de manœuvre qui pourraient calmer la rue ? Lesquelles ?
Au Sénat, nous recherchons la mise en place d’une réforme indispensable, de la manière la plus équitable possible. Je suis très attentif aux démonstrations d’inquiétude. C’est d’ailleurs l’attente de la majorité des Français qui est prête à fournir de vrais efforts à condition que la charge soit équitablement répartie. Nos débats vont se poursuivre. Nous avons déjà débattu près de 80 heures en séance ! Et il va falloir maintenant conclure.

Le gouvernement ne risque-t-il pas de devoir faire marche arrière comme pour le CPE sous de Villepin ?

Si nous voulons sauver notre système de retraite par répartition, sans baisser le niveau des pensions, comme chacun, sur tous les bancs politiques le souhaite, il faut impérativement réformer. Posons-nous ces questions : pourquoi est-il compliqué de réformer notre pays ? Quel sens donner à la valeur « travail » ? Qu’expriment les jeunes qui descendent dans la rue avant même d’avoir commencé à travailler et ceux qui refusent d’y descendre mais s’interrogent sur leur avenir ? Angoisse, désillusion ? C’est à ces défis que nous, responsables politiques, devons nous atteler pour préserver notre pacte social, ciment du « vivre ensemble ».