Trois questions à Jean-Pierre Raffarin

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Passage média · Républicains Sénat · 1 novembre 2010

Monsieur le Premier ministre, vous êtes le « père » de l’acte Il de la décentralisation. Quel bilan en tirez-vous ?

L’ acte II de la décentralisation a permis aux collectivités territoriales d’obtenir leur autonomie financière et d’acquérir de nouvelles compétences. Ces réformes avaient pour but une plus grande responsabilisation des élus locaux. La gauche a trop politisé les régions. L’augmentation très importante de la fonction publique territoriale ne donne pas une image très positive de la décentralisation. Il est temps de procéder à une réforme qui assurera un avenir aux financements locaux par le rapprochement des départements et des régions. Là est la source d’économies significatives.

La réforme des collectivités territoriales est encours. Quelles en sont, selon vous, les conséquences en matière de compétences des différents échelons ?

Les communes et leurs communautés sortiront renforcées de cette réforme qui va permettre de clarifier les compétences de chaque échelon. De plus, nous allons créer un nouvel élu, le conseiller territorial, qui devra avoir plus de responsabilités que les actuels conseillers généraux et régionaux. Là est l’avancée pour les girondins. Il ne faut pas faire croire que le but premier de cette réforme est de diminuer le nombre d’élus locaux, mais plutôt de mieux organiser la décentralisation

Beaucoup craignent qu’une telle réforme ne risque de conduire, à terme, à la disparition du département .Quel est votre sentiment ?

Le département est un échelon très important et il doit être mieux identifié par les citoyens. Par sa vocation de proximité, le département est essentiel et doit être renforcé en accentuant la vocation de puissance économique de la région avec, par exemple, un agrandissement de l’échelon régional qui pourrait amener, à terme, à une division par deux du nombre actuel de régions, à l’image des landers allemands. Cette réforme peut donc rendre au département toute sa force, notamment au niveau de ses compétences de proximité, en devenant un échelon essentiel, aux côtés des communes et au centre de grandes régions tournées vers le développement économique.