Gérard Larcher : « La majorité doit prendre en compte toutes ses sensibilités »

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Passage média · Républicains Sénat · 18 novembre 2010

Le président du sénat, Gérard Larcher » est à Cambrai pour les premiers « rendez-vous du Sénat » décentralisés.

Pourquoi le choix de Cambrai pour ce rendez-vous ?

« Nous avions fixé ce Rendez-vous du Sénat sur le sujet des Jeunes, citoyens et responsables de leur avenir, bien avant que tout le monde ne parle du sujet. Nous avons choisi le Nord – Pas-de-Calais parce que 30 % de sa population a moins de 25 ans et que c’est une région où les valeurs du travail ont beaucoup de sens historiquement. »

Sur l’emploi des jeunes, n’a-t-on pas tout essayé sans résultat ?

« On a en effet essayé beaucoup de choses, certaines ont marché, d’autres moins, mais de toute façon on a le devoir de ne pas baisser les bras ! À Cambrai nous voulons montrer qu’il n’y pas de fatalité devant laquelle on devrait baisser les bras. Sur l’apprentissage, même si l’objectif de 500 000 jeunes en apprentissage en 2010 que nous nous étions fixé avec Jean-Louis Borloo dans le plan de cohésion sociale en 2004, n’est pas tout à fait atteint, on sait que c’est quelque chose qui marche avec un coefficient d’emploi élevé. Il n’est pas acceptable d’avoir un taux de chômage des jeunes double de la moyenne nationale ! Au Sénat nous voulons que ce soit marqué comme une priorité. »

Vous avez été ministre du Travail au côté de Jean-Louis Borloo. Que pensez-vous du tir de barrage contre lui venu de l’UMP ?

« Il est venu de certains membres, pas de tous. Personnellement j’ai beaucoup apprécié travailler avec lui. On s’est parlé hier assez longuement et j’ai trouvé un Jean-Louis Borloo assez apaisé. Je pense qu’on aura besoin de lui comme on a besoin de valeurs communes dans la majorité. »

Précisément, vous avez appelé au respect de la diversité des sensibilités à l’UMP !

« La majorité est diverse. Elle est certes formée de gaullistes, dont je suis, mais elle est aussi composée de la famille libérale, de la famille démocrate-chrétienne centriste, de la famille radicale. La majorité doit donc prendre en compte toutes ces sensibilités. Que Marc-Philippe Daubresse qui incarne les valeurs du centre et qu’Hervé Novelli pour les libéraux entourent Jean François Copé, c’est très bien. Mais au-delà de ces nominations, il faut que le débat à l’intérieur du mouvement soit possible. C’est pour cela que j’ai dit avec Gérard Longuet qu’il faudra faire évoluer nos statuts pour qu’il y ait de vraies élections. La responsabilité du nouveau secrétaire général sera de faire vivre vraiment notre diversité, sinon elle vivra à l’extérieur. »

Quelle place le Sénat peut-il tenir dans les réformes lancées mardi soir par Nicolas Sarkozy ?

« Le sénat tiendra toute sa place comme il l’a démontré dans les semaines passées. La discussion budgétaire va ouvrir la réflexion sur la refonte de la fiscalité du patrimoine et des revenus personnels. Le Sénat entend aussi participer pleinement au débat annoncé par le président sur la dépendance. Car il concerne tous les citoyens et c’est un enjeu majeur pour les départements dont certains ont vu leurs dépenses sociales extraordinairement augmenter. »

Vous venez d’écrire aux 36 500 maires de France pour leur expliquer les conséquences de la réforme territoriale, avant leur congrès la semaine prochaine. Les inquiétudes de l’an passé sont apaisées ?

« C’est la première fois que le président du sénat s’adresse directement à tous les maires. Il m’a semblé important de le faire pour les rassurer et leur expliquer dans quelles conditions ils exerceraient désormais leur mandat. La commune est consacrée comme « coeur de la démocratie locale ». Elle est la seule à bénéficier de la compétence générale. »