Jean-Paul Emorine : « Il faut relégitimer la PAC »

Catégories
Passage média · Républicains Sénat · 3 décembre 2010

Avec trois autres sénateurs UMP et PS, Jean-Paul Emorine a rédigé un rapport d’information « Redonner du sens à la PAC ».

La volatilité des prix est une cause du désarroi agricole. Comment la Politique Agricole Commune (PAC) peut-elle la régler ?

On ne peut pas continuer avec cette volatilité des prix ni avec une agriculture sous perfusion comme elle l’est aujourd’hui. Nous prônons une régulation qui intègre le prix de revient des produits agricoles, accompagnée d’aides compensatoires et non pas de droits à prime unique.

Y a-t-il un espoir de retour à des prix rémunérateurs ?

Actuellement, nous sommes plutôt en baisse de productivité, voyez le cours du blé qui s’enflamme avec le manque. Les terres sont de plus en plus recherchées. Les produits devraient donc connaître des prix rémunérateurs. Par contre, d’accord pour des aides compensatoires de handicap. Aujourd’hui, on ne peut plus continuer dans le sens, par exemple, d’une aide aux céréales basée sur la capacité de production des terres et une référence historique très inégalitaire. Dans le contexte de cours élevés des céréales, c’est injustifiable.

À propos de référence historique, les quotas laitiers doivent-ils disparaître ?

Ils ont déjà disparu, on ne peut pas combattre leur disparition. On considère que dans le cadre d’une contractualisation à 4 ou 5 ans des producteurs avec leur laiterie, qu’un prix de lait pourra être établi et limiter l’effondrement du cours lié à un excédent de production.

Les Allemands, les Polonais sont convaincus du bien-fondé de la contractualisation. Suffira-t-elle??

En France, l’observatoire des marges et des prix va suivre cela. Tant mieux, on avait besoin de transparence.

L’écoconditionnalité des aides atteint un niveau oppressant pour les agriculteurs. Que faut-il y changer ?

La contrainte des bandes enherbées est intégrée par les céréaliers. Celle des mises aux normes des bâtiments d’élevage l’est moins. Tout en gardant les objectifs, on pourrait donner plus de temps aux éleveurs.

Comment sentez-vous les négociations qui s’engagent sur la PAC ?

Il ne faut pas essayer d’avoir raison tout seul mais convaincre d’autres pays. Aujourd’hui, les Allemands, les Polonais et les Français sont d’accord pour préserver l’activité économique de l’élevage. On peut même dire qu’en dehors de la Grande Bretagne et des Pays-Bas, tous les pays sont sur une même longueur d’onde, mais rien n’est gagné. On se distingue de la commission européenne par les compensations de handicap que nous verrions mieux dans le second que dans le premier pilier. Mais nous sommes tous contre une renationalisation de la PAC.