Jean-Paul Emorine : « Le premier budget de l’Europe »

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Passage média · Républicains Sénat · 10 décembre 2010

Les aides ont été réorientées vers les zones défavorisées en 2009. Un sillon que va continuer de creuser la prochaine Politique agricole commune. Jean-Paul Emorine, sénateur de Saône-et-Loire et président de la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, a expliqué, hier, lors des Carrefours de Bransat, les enjeux de la Politique agricole commune (PAC) 2014-2020.

Vous êtes l’auteur, avec trois autres sénateurs, d’un rapport d’information sur la PAC, rédigé dans le cadre du bilan de santé de la Politique agricole commune. Quel est votre bilan ?

Ce qui en ressort, c’est l’accord des pays européens, hormis la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, de réorienter les aides vers des zones défavorisées et en difficulté, en particulier les zones d’élevage.
Jusqu’en 2009, 20 % des aides allaient vers des régions céréalières.

L’Union européenne prépare la PAC 2014-2020. Qu’est-ce qui va changer ?

On doit aller vers la sécurité alimentaire, un des fondements de la PAC, vers la qualité des produits et en même temps préserver l’environnement. On est convaincu que l’activité agricole préserve un patrimoine commun. La convergence des niveaux d’aides entre États membres me semble inévitable. Elle pourrait s’organiser autour de l’idée d’un barème d’aides comprenant une aide de base commune aux États membres et une aide complémentaire qui tiendrait compte du revenu moyen du pays et du rapport entre le revenu agricole et le revenu moyen national.

La préservation de l’environnement et les mesures mises en place sont souvent vécues comme des contraintes par les agriculteurs car elles alourdissent les coûts de production.

C’est vrai, surtout pour l’élevage. Il est clair qu’il faut faire attention à ce que les mesures environnementales ne soient pas plus contraignantes que la norme européenne. Les conditions de production, sanitaires et environnementales que l’Europe s’impose doivent être respectées par les pays exportant en Europe.

Question : N’est-ce pas inquiétant de voir que le budget de la PAC représentait 70 % du budget de l’Union européenne en 1984 et 32 % en 2013 ?

L’agriculture reste, aujourd’hui, le premier budget de l’Europe (45 milliards d’euros). La baisse s’explique par la diminution du nombre d’agriculteurs. Il y a une volonté des pays européens de maintenir un budget pour l’agriculture.

Comme on l’a vu ces derniers mois, les agriculteurs subissent la volatilité des cours. La PAC est-elle un remède ?

Pour lutter contre cette volatilité des prix, nous voulons mettre en place des outils de régulation. C’est au coeur de la PAC.