Divergence de compétitivité entre la France et l’Allemagne, par Marie-Hélène Des Esgaulx

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Tribune · Républicains Sénat · 27 février 2011

Depuis une dizaine d’années la France a « décroché » par rapport à l’Allemagne. En 2000, les exportations françaises étaient alors proches de 55% des exportations allemandes. Elles n’en représentent plus qu’aujourd’hui 40%.Ce décrochage s’explique pour l’essentiel par des politiques opposées de gestion du marché du travail et par une divergence de grande ampleur des coûts et des marges des entreprises.

L’Allemagne a engagé des réformes profondes, allégé les charges sur le salaire, adopté une politique de compétitivité assumée par l’opinion. La France a fait le choix d’une réduction uniforme de la durée du travail. Cette contrainte a entrainé une hausse des coûts salariaux et bloqué la capacité d’adaptation. En outre la France a perdu son seul avantage comparatif : des prix moins élevés.

Les situations financières des entreprises industrielles françaises et allemandes ont aussi fortement divergé : le résultat d’exploitation global de l’industrie française est désormais de l’ordre du tiers de celui de l’industrie allemande.

Il ressort d’une étude réalisée par l’institut Rexecode pour Bercy que l’une des caractéristiques déterminantes de l’Allemagne en matière de compétitivité est sa capacité à « travailler ensemble », à trouver un consensus dans l’entreprise sur le triptyque durée de travail-emploi-salaires. En Allemagne il y a une fléxibilité négociée au sein des entreprises, ce qui est inconcevable en France…

Ma conclusion : il faut, à tout le moins, prendre en compte l’impératif de compétitivité dans toute réforme de la fiscalité…