Jean-Claude Gaudin : « Je reste optimiste »

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Passage média · Républicains Sénat · 2 mai 2011

Sénateur-maire de Marseille, président du groupe UMP au Sénat, Jean-Claude Gaudin est aussi l’expert électoral de la majorité. À un an de la présidentielle, il analyse une situation politique inconfortable pour la droite républicaine et le chef de l’État.

Faites-vous partie de ceux qui craignent que la présidentielle se solde par un 21 avril à l’envers ?

Il est clair que ce qui s’est produit le 21avril 2002, du fait de l’émiettement et de l’affrontement au sein de la gauche, pourrait avoir les mêmes effets pour le camp de la droite républicaine et du centre. Cela tient très largement au fait que nous avons instauré le quinquennat qui fait que, dès que le président de la République est élu, il doit entrer immédiatement en campagne électorale pour le coup d’après. Nicolas Sarkozy est combatif, déterminé, intelligent et courageux. Il nous a permis de traverser plusieurs crises de grande ampleur (financière, économique, environnementale et la crise consécutive aux soulèvements dans les pays du Maghreb). Il aura fait en sorte que la France ne recule pas, ne perde pas son autorité sur le plan international. Voilà pourquoi je reste, malgré tout, optimiste.

Dans ces conditions, pourquoi Nicolas Sarkozy ne remonte-t-il pas dans les sondages ?

Les gens oublient – c’est une tradition française – les crises que nous avons traversées. Prenez l’exemple de la réforme des retraites. Cela semble aujourd’hui être derrière nous. Et si les socialistes disent qu’ils reviendraient sur cette réforme en cas de succès en 2012, c’est faux! Il n’en reste pas moins que, à cause de tout cela, à cause des problèmes d’emploi ou de sécurité, nous n’avons pas tenu les promesses faites en 2007. Ce sont les deux plus sérieux handicaps à remonter avant l’échéance de l’année prochaine.

Que dites-vous aux personnalités qui réclament maintenant des primaires à droite ?

Ceux qui réclament des primaires à droite seraient bien inspirés de défendre d’abord le bilan du président de la République et du gouvernement. S’il leur reste du temps, alors qu’ils critiquent le projet du Parti socialiste, irréalisable, coûteux et dangereux pour le pays. Il est quand même surprenant que ceux qui parlent de primaires soient des hommes qui bénéficient de postes prestigieux dans les instances européennes, comme M.Lamassoure qui a totalement abandonné le terrain sur lequel il avait été élu jadis. Pour d’autres, qui sont des esprits brillants parce qu’ils ont eu la chance de faire de belles études (NDLR: Jean-Claude Gaudin vise le député de la Drôme Hervé Mariton), ils oublient trop facilement qu’ils sont des intermittents de la politique. Ils sont au Parlement quand le président de la République gagne les élections. Ils n’y sont plus quand nous sommes dans l’adversité. Cela devrait les inciter à beaucoup plus de modestie. Il n’est pas acceptable de se livrer à un spectacle où le président de la République serait mis en concurrence avec n’importe qui. Nous n’avons pas le temps de nous livrer à cela.

Jean-Louis Borloo et d’autres ont quitté l’UMP. Le regrettez-vous?
Toute séparation est toujours regrettable. Borloo est sympathique, populaire. Au demeurant, comment peut-on critiquer l’action du président de la République et d’un gouvernement auquel on a participé pendant quatre ans?

Y a-t-il un candidat à l’investiture socialiste que vous craignez plus que les autres ?

François Hollande! C’est un homme jeune. Il a eu des prises de position courageuses, à l’inverse de celles du Parti socialiste, en ne critiquant pas systématiquement tout ce que faisait le président de la République. Il est par ailleurs ancré dans le territoire. Ce n’est pas Dominique Strauss-Kahn, trop lointain, trop mêlé à une politique économique et financière qui effraie parce qu’elle est trop libérale. Madame Aubry, je n’y crois pas.