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Jean-Claude Gaudin : « Gardons-nous de tout triomphalisme »
Républicains Sénat
Passage média · 27 juin 2011

Jean-Claude Gaudin : « Gardons-nous de tout triomphalisme »

Jean-Claude Gaudin, président du groupe UMP au Sénat, met en garde contre les tentations individualistes à l’approche des échéances électorales de 2012 et 2014.

L’UMP a-t-elle des chances de conserver la présidence du Sénat ?

La majorité a toujours une courte avance, mais il faut être prudent sur tout. C’est la première fois que le Sénat est renouvelé de moitié – le tiers des sièges normalement renouvelables, plus Paris. Les cantonales de mars n’ont que très peu d’influence sur le corps électoral sénatorial, mais il n’en va pas de même pour les municipales de 2008, dont les résultats n’ont pas été favorables à la majorité, ce qui réduit ses potentialités pour les élections de septembre.

Combien de sièges d’avance pensez-vous conserver ?

Je ne peux pas répondre à cette question. Nous avons un objectif double : sauvegarder le poste de président du Sénat, bien sûr, mais aussi être en mesure de continuer à assurer la gouvernance sénatoriale. Pour que nous ne rencontrions pas d’obstacles dans la désignation des présidents de commission et des autres postes de responsabilité, il nous faut huit à dix sièges d’avance sur le total des sièges de gauche. Alors gardons-nous de tout triomphalisme prématuré !

Malgré le danger, vous n’avez pas pu empêcher les divisions, notamment à Paris…

Hélas, ce que nous voyons n’est effectivement pas très encourageant. J’ai parfois l’impression que plusieurs personnes ne pensent pas réellement aux sénatoriales et tentent d’ores et déjà de se positionner soit pour les législatives de 2012, soit pour les municipales de 2014. J’ai envie de leur dire : soyons raisonnables, chaque chose en son temps ! Assurons d’abord la réélection du président Larcher et de la majorité sénatoriale. C’est le bon sens, il devrait prévaloir avant le 25 septembre.

Ce message s’adresse-t-il à Rachida Dati ou à François Fillon ?

Je ne citerai personne, mais ceux qui provoquent la division doivent savoir qu’ils n’ont pas beaucoup de chances de succès, ni en 2012 ni en 2014. Mon rôle étant de rassembler et de constituer partout des listes d’union, je ne peux que déplorer que ce ne soit pas le cas à Paris, mais je ne désespère pas que nous surmontions les querelles d’ego et d’ambitions. Ce qui est rassurant, c’est que la gauche connaît les mêmes difficultés que la droite républicaine et le centre pour la constitution de ses listes. J’observe d’ailleurs que les socialistes sont plus prudents que lors des cantonales. Avant ces élections, ils disaient que le PS ne pourrait pas se prévaloir d’une victoire s’il ne gagnait pas dix départements. Ils en ont gagné deux et perdu un : on est loin du compte ! Je pense que ce sera la même chose au Sénat.

Considérez-vous que vous avez bien traité les centristes de la majorité ?

Oui. Je suis président du groupe UMP au Sénat, et j’ai travaillé en liaison avec François Zocchetto, mon homologue du groupe centriste, et avec le président du Sénat Gérard Larcher. Nous avons même parlé avec les radicaux ! Ici, heureusement, nous sommes encore à l’abri des soubresauts provoqués par d’éventuelles candidatures présidentielles !