Gérard Larcher, président du Sénat, sénateur des Yvelines : « En 2012, la météo nous sera favorable »

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Passage média · Républicains Sénat · 1 juillet 2011

Vous ne semblez pas redouter que le Sénat, que vous présidez depuis 2008, bascule à gauche en septembre. Pourtant la droite dispose d’une majorité très courte.

Gérard Larcher :

Notre corps électoral est à part. Il varie au gré des élections locales. Les dernières municipales ont été mauvaises pour la droite : la gauche a remporté de nombreuses villes c’est un fait. Malgré tout je suis optimiste. Au Sénat les clivages ne sont pas aussi tranchés qu’ailleurs. La moitié des délégués nationaux n’ont pas d’étiquette politique. C’est leur lien de proximité avec le candidat qui détermine leur vote. Pas leur appartenance à un Parti. Si l’on n’a pas compris cela, on a rien compris aux sénatoriales. Enfin, au Sénat, il faut rappeler qu’au Sénat, la majorité est plus large que la majorité présidentielle : elle va du MODEM à la droite libérale. Cette particularité nous est chère.

Vous venez de rencontrer Jean-Louis Borloo. Pensez-vous qu’il ira au bout ?

Pour le connaître depuis longtemps, je sais que Jean-Louis Borloo est un homme responsable, fidèle, attaché à la majorité. J’ai confiance en lui. Sa volonté d’être candidat n’a provoqué aucune tension au Sénat entre élus centristes et UMP

De quelle avance pensez-vous que la majorité disposera après les élections ?

Je ne lis pas dans le marc de café, mais je pense que nous aurons entre 7 et 14 sièges d’avance. Je suis prêt à prendre le pari.
Des listes dissidentes se montent dans de nombreux départements.

Où est la cohésion dont vous parlez ?

Dans les départements, à la proportionnelle, la présence de plusieurs listes est souhaitable. Toutes les sensibilités ont vocation à être représentées. Je pense à la Loire-Atlantique ou au Nord, aux Yvelines…

A paris, c’est plus dangereux…

Oui, si nous partons divisés à Paris, nous perdront un siège. Nous avons reçu avec Jean-Claude Gaudin, le président de la commission d’investiture, tous les candidats, un par un. Sans exception. Ceux de la liste officielle conduite par Chantal Jouanno, comme ceux menés par le dissident Pierre Charon.

C’est la méthode Coué ?

Non, j’ai simplement une longue expérience su Sénat. C’est une chambre sage et stable qui ne connait pas de mouvement de balancier brusques.

Nicolas Sarkozy sera-t-il réélu ?

Bien malin qui pourrait le dire. Mais je note une nette décrispation du corps électoral. Les Français comprennent mieux la nécessité de la réforme et des efforts à fournir. Ce qui se passe en Grèce et dans d’autres pays d’Europe les fait réfléchir. L’année 2007 a été une formidable espérance, 2012 sera plus pragmatique. Pas de belles promesses comme le fait la gauche, mais une politique en prise direct avec la réalité. Nicolas Sarkozy a montré ce qu’il avait dans le ventre lors de la crise. Reste à faire de la pédagogie et encore de la pédagogie. Je suis excédé, par exemple, d’entendre que l’Etat a « arrosé » les banques alors que ces mêmes banques ont remis 3 milliards au pot.

Par Virginie Le Gay