Jacques Legendre, Sénateur du Nord, « Le règne de la mention »

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Passage média · Républicains Sénat · 6 juillet 2011

Analyse de la course aux mentions par le sénateur UMP du Nord, Jacques Legendre, auteur d’un rapport sur le bac.

La mention au bac est-elle devenue obligatoire ?

Dans le passé les détenteurs du bac étaient suffisamment rares pour les situer dans la société et leur donner une fonction importante. La mention n’était pas négligeable mais secondaire. Les chiffres n’étaient pas les mêmes. Quand j’ai passé cet examen, nous étions 250000, ils sont 600000 aujourd’hui.

Ce n’est donc qu’une affaire de chiffre?

Non. Dans le temps, on se distinguait en ayant le bac. Maintenant, on se distingue avec la mention bien ou très bien. Cela rétablit une certaine hiérarchie d’autant que les filières porteuses ne se contentent plus seulement du bac et regardent les mentions.

Comment expliquer cette inflation des mentions?

Il ne faut pas négliger l’effet des options qui apportent des points si l’on réussit et sont sans risque si l’on rate. Il y a débat là-dessus. J’ai connu des élèves qui ont obtenu une moyenne supérieure à 20 sur 20, c’est insensé. Toutes les sociétés cherchent à classer, le bac avait cette fonction, il ne l’a plus. Ce rôle est désormais dévolu aux mentions.

Trouvez-vous cela injuste?

L’injustice n’est pas là, elle est par contre dans le fait que tous les bacs n’ont pas la même valeur.
Si l’on pense que seul le bac S compte, alors il faut supprimer les autres. Un pays a la nécessité d’avoir des élites d’origines diversifiées, des scientifiques mais aussi des littéraires. Les grandes formations sont aujourd’hui réservées aux bacs S. Il faut rééquilibrer.

Les tricheries au bac marquent-elles la fin de l’épreuve?

J’ai retrouvé des articles de presse datant de 1961 qui traitaient de tricheries durant les épreuves et déjà on spéculait sur la fin du baccalauréat. Le bac a été victime de tricheries, il faut simplement faire en sorte qu’elles ne se reproduisent pas.

Vous avez pourtant encouragé sa réforme en y insufflant une dose de contrôle continu. Pourquoi ?

Le baccalauréat ne fait pas suffisamment son travail d’élément d’orientation. Il ne peut éclairer ce processus parce que les choix se font avant l’épreuve. Pour cette raison, des épreuves sont étalées sur l’année de terminale».