Le Louvre va piloter l’hôtel de la Marine : les explications de Jacques Legendre

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Passage média · Républicains Sénat · 20 juillet 2011

Parmi les dix personnes composant la commission de réflexion sur l’avenir de l’hôtel de la Marine présidée par Valéry Giscard d’Estaing figurait Jacques Legendre, sénateur du Nord, coauteur d’une proposition de loi sur le transfert aux collectivités locales de monuments historiques appartenant à l’État.

Comment avez-vous travaillé ?

« Nous nous sommes réunis tous les jeudis matin sur place pendant cinq mois. Nous avons visité ce bâtiment et entendu l’architecte en chef des Monuments historiques qui en a la responsabilité, le Lillois Étienne Poncelet. Nous avons auditionné des représentants des administrations concernées et des organismes culturels intéressés. Le concours lancé avant la constitution de la commission a été suspendu à la demande de M. Giscard d’Estaing, mais nous avons tenu à entendre les porteurs de projets. »

Vos préconisations ?

« Notre conviction unanime : ce lieu de mémoire qui a toujours appartenu à l’État doit rester sa propriété. Le bâtiment comporte des espaces très divers : de magnifiques salons de style Napoléon III et un balcon ouvrant sur la place de la Concorde, un appartement XVIIIe « en l’état », avec son mobilier, mais aussi des bureaux sans intérêt encore occupés par l’état-major de la marine, et même un bunker construit par la Kriegsmarine allemande entre 1940 et 1944. Les magnifiques salons doivent être ouverts à la visite et peuvent abriter des expositions. Les bureaux, sous réserve d’adaptations techniques, peuvent être réutilisés pour une administration. »

Le Louvre a été choisi. Pour quel projet précis ?

« Confié aux plus grands architectes de l’époque, l’hôtel de la Marine avait pour fonction d’exposer à tous les Français le splendide mobilier des palais royaux et les trésors de la Couronne. Nous trouvons judicieux de montrer au public ce « trésor français », actuellement déposé au Louvre, ainsi que du mobilier et des chefs-d’oeuvre de l’art français provenant par exemple du Mobilier national ou la manufacture de Sèvres. Situé à proximité, le Louvre jouera un rôle essentiel, mais doit travailler avec d’autres institutions. »

Les travaux de rénovation seront coûteux…

« La consigne est très claire : l’État ne doit pas être amené à financer la rénovation du monument. Mais des ressources importantes pourront être tirées de l’installation dans les bureaux d’une administration qui loue actuellement des bureaux dans le centre de Paris à grands frais. On parle de la venue d’une partie de la Cour des comptes. Une annexe financière précise sera remise avec le rapport définitif en septembre. »

Candidat battu, l’homme d’affaires Alexandre Allard, qui rêvait d’un lieu du marché de l’art, dit que le projet n’a aucun souffle et zéro vision…

« Plusieurs projets étaient en concurrence. Tous contribuaient à « privatiser » l’hôtel de la Marine. M. Allard n’est donc pas « le candidat battu ». Évitons toute polémique. Gardons aux Français ce qui leur appartient depuis toujours et facilitons-leur la visite ! »


Au-delà de ce bâtiment, une nouvelle procédure va être mise en œuvre…

« Ce cas a permis une prise de conscience. La proposition de loi que j’ai déposée et qui a été adoptée au Sénat, puis – avec quelques amendements – à l’Assemblée nationale, encadrera clairement la possibilité pour l’État de confier aux collectivités, ou de vendre, les monuments historiques où s’est faite l’histoire de notre pays. »

À quels autres bâtiments pourrait-elle bientôt s’appliquer ?

« Il y a quelques années, une liste a été établie, mais il ne s’agissait que de monuments historiques appartenant au ministère de la Culture. D’autres relèvent de l’armée, des hôpitaux… La liste doit donc être complétée. »