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Gérard Larcher : « Nous conserverons la majorité »
Républicains Sénat
Passage média · 21 septembre 2011

Gérard Larcher : « Nous conserverons la majorité »

Le président du Sénat se dit « déterminé » et « confiant » pour les élections à la Chambre haute du 25 septembre.

Vous affirmez que la majorité sénatoriale va gagner les élections du 25 septembre. Qu’est-ce qui vous rend sûr de vous ?

On me dit trop confiant ? Je suis déterminé. Je suis de ceux qui ont le plus traversé les départements et pris le pouls des délégués sénatoriaux. Ils posent des questions simples au sénateur en campagne : « qu’est-ce qu’il a fait pour ma commune ? », « a-t-il été attentif ? ». N’ayons pas une lecture trop partisane et trop parisienne de ce scrutin très particulier. Un délégué sénatorial sur deux n’a pas d’étiquette politique. Et, souvent, les choix tiennent compte des hommes plus que des partis. Dans mon département, les Yvelines, un maire d’opposition m’a assuré que ses adjoints et lui allaient répartir leurs voix entre les candidats du PS et la liste que je conduis. De toute façon – c’est la loi du genre -, si la majorité sénatoriale perd, ce sera ma faute, et si elle gagne, ce sera grâce à tout le monde. Mais je ne suis pas inquiet. Nous conserverons de 6 à 12 sièges de majorité.

La multiplication des listes de la droite et du centre – par exemple dans le Val-d’Oise ou les Yvelines – n’est-elle pas un handicap ?

Il y a quelques départements où la pluralité des listes de la majorité est utile, quand elles correspondent à l’expression de sensibilités. La situation reste un peu plus complexe dans une partie des départements d’Ile-de-France. À Paris, je maintiens que si Pierre Charon est attaché à soutenir le président de la République et la majorité, il faut qu’il retire sa liste. Dans le Val-d’Oise, l’UMP a accordé son investiture à deux listes. Je respecte cette décision, qui n’est peut-être pas la plus heureuse, mais c’est ainsi. Les délégués sénatoriaux proches de l’UMP feront leur choix en toute liberté. Pour ma part, j’ai déjà pu mesurer le travail du sénateur Hugues Portelli. Je lui ai d’ailleurs demandé de travailler à mon projet pour la prochaine mandature. Quant aux Yvelines, j’ose espérer que les trois listes du centre se rassembleront d’ici ce soir, car cette dispersion risque de coûter le siège du sénateur centriste. C’est malheureusement une probabilité mathématique !

Le président du groupe PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, vous a accusé de nommer des sénateurs à des emplois publics pour favoriser votre réélection.

J’ai toujours assumé ma volonté de nommer des sénateurs dans les instances où leur présence me paraît souhaitable. Ce n’est pas nouveau et je le revendique, car je ne vois pas pourquoi on se priverait de leur talent et de leur expérience. Si Jean-Pierre Bel avait dû s’en émouvoir, il s’en serait ému plus tôt, notamment quand ces nominations ont été soumises à l’avis des commissions.

La cagnotte que représente la « réserve parlementaire » est-elle répartie en toute transparence ?

Quant à la dotation d’action parlementaire, Jean-Pierre Bel agite le chiffon rouge en utilisant une dénomination – « la réserve » – qui n’existe plus. Dès mon arrivée en 2008, j’ai réduit de moitié la part attribuée au président du Sénat. Surtout, fidèle à ma volonté de donner davantage de pouvoirs aux groupes politiques, de la majorité mais aussi de l’opposition et les minoritaires, j’ai réformé le système de répartition qui se fait désormais au prorata des effectifs des groupes, puis par sénateurs sous la responsabilité des présidents de groupe. Les sénateurs peuvent ainsi aider le financement des projets d’investissements dans les communes de leurs départements. Cela se fait dans la plus grande transparence puisque les dossiers sont rigoureusement instruits et contrôlés par le ministère de l’Intérieur et les préfets. Les propos de Jean-Pierre Bel correspondent à une petite émotion à l’approche du scrutin, il ne faut pas leur accorder trop d’importance.

Après l’élection des sénateurs aura lieu l’élection du président du Sénat. La majorité relative suffit au troisième tour. Craignez-vous un accord entre le PS et les centristes ?

Je n’imagine pas le scénario que vous évoquez. La majorité sénatoriale devra démontrer à la fois sa diversité et sa cohésion au moment de l’élection du président. Je pense qu’elle les démontrera. Autant la diversité est la marque du Sénat, autant la diversité n’exclut pas la clarté du choix. Je suis assez confiant. On prête souvent au Sénat un petit côté Médicis. À tort.

Le président devrait-il obliger es ministres qui se présentent aux sénatoriales – comme Chantal Jouanno et Gérard Longuet – à quitter le gouvernement s’ils sont élus ?

Je n’en démordrai pas. Les ministres qui se présentent aux sénatoriales demandent la confiance des grands électeurs. On ne peut pas se présenter devant eux et leur dire : « Je suis candidat au Sénat, mais en aucun cas je n’y siégerai parce que je préfère faire autre chose. » Il faut qu’ils y réfléchissent bien.