Jean-Claude Gaudin : « Je ne suis pas resté les bras croisés »

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Passage média · Républicains Sénat · 19 octobre 2011

Le maire de Marseille répond aux critiques sur l’insécurité. Et défend une politique qui marie fermeté et action sociale.

Certains Marseillais ont le sentiment que la ville est abandonnée à ses démons et que son maire est absent. Que leur répondez-vous ?

J’ai entendu cette critique un peu stupide, un peu méchante. Mais je souligne que je n’ai pas quitté la ville de tout l’été et que j’ai fait face aux problèmes qui sont survenus. Tout comme j’ai combattu le sentiment d’insécurité qui s’est manifesté. J’ai demandé et obtenu des effectifs de police supplémentaires et j’ai renforcé la police municipale ; nous allons recruter 100 personnes. De plus, nous allons poursuivre l’équipement de vidéo-surveillance. Nous installons 40 caméras en centre-ville et nous en positionnerons 1 000 d’ici à la fin 2013, dont 340 seront opérationnelles dès la fin de 2012. Nous avons d’ores et déjà loué un immeuble de l’avenue Salengro pour y installer le centre de contrôle de ces nouveaux équipements. Je ne suis donc pas resté les bras croisés. Je crois d’ailleurs que ceux qui m’adressent les reproches les plus virulents pensent frénétiquement à leur carrière politique et, pour certains d’entre eux, à me succéder dans ce bureau…

Dans beaucoup de cités, les règlements de comptes se multiplient sur fond de trafic de stupéfiants. Que faire ?

Le maire que je suis n’a pas le pouvoir de lutter directement contre cette forme de délinquance. Elle concerne la Police nationale. Mais je tiens à faire remarquer qu’à Marseille les cités dites sensibles ne sont pas marquées par des émeutes comme on peut le voir ailleurs en France. Ici les policiers vont partout, il n’y a pas de zone de non-droit.

Pourquoi cette spécificité ?

Peut-être parce que nous accueillons les communautés venues de l’étranger avec fraternité et générosité. Mais je constate que Marseille n’a pas l’apanage de ce genre de crimes.

Les Roms posent un problème spécifique. Certains vous reprochent de les pourchasser. Et d’autres d’être trop tolérant avec eux…

Cet été, une centaine de personnes s’étaient installées sur les espaces verts de la porte d’Aix dans des conditions d’insalubrité et d’insécurité. Le 8 août, la ville de Marseille a pris un arrêté visant à libérer l’espace public, ce qui a été fait. Une soixantaine de personnes évacuées ont été accueillies à l’unité d’hébergement d’urgence de la Madrague-Ville. Nous ne sommes pas restés inertes. Je m’interroge d’ailleurs sur la nécessité de prendre un arrêté antimendicité après celui qui interdit la vente à la sauvette dans le centre-ville.

L’agglomération est-elle coupée en deux, soumise à une forme d’apartheid – les riches au sud, les pauvres au nord ?

C’est un procès qu’on nous faisait il y a vingt ans et qui remonte à l' »époque Deferre », lorsque ce dernier refusait de s’occuper du nord « communiste »… Nous, au contraire, venons de signer avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine des contrats pour 13 chantiers de rénovation dans le nord de la ville, contre un seul dans le sud. Nous investissons 1 milliard d’euros avec l’Etat. Nos investissements sont beaucoup plus importants au nord qu’au sud.
L’appauvrissement de la ville est-il la cause des maux actuels ?
C’est un fait, Marseille, la deuxième ville de France, est une ville pauvre et cosmopolite, qui, de plus, joue le rôle de porte d’entrée pour l’immigration méditerranéenne et celle de l’Europe de l’Est. Mais, quand j’ai été élu, il y a dix-sept ans, le chômage s’élevait à 21,6 % ; aujourd’hui, il est de 12,5 %. Nous sommes le deuxième pôle scientifique de France, nous investissons 600 millions d’euros pour préparer « Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture » et nous construisons 5 000 logements par an, dont 1 500 logements sociaux. En outre, notre ville affirme de plus en plus une dimension touristique créatrice d’emplois.