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Passage média · Républicains Sénat · 3 décembre 2011

Jean-Claude Gaudin: « Il n’est pas possible de laisser des kalachnikovs circuler »

Le sénateur maire UMP de Marseille veut des décisions fortes du gouvernement pour éradiquer la circulation des armes de guerre.

Êtes-vous inquiet de la banalisation de l’utilisation d’armes de guerre ?

Bien sûr que je suis inquiet de l’utilisation de ces armes de guerre que les voyous peuvent, semble-t-il, acquérir très facilement. Si les voyous s’en servent pour se tirer dessus entre eux, je ne vais pas porter le deuil, mais quand ils s’attaquent à nos policiers ce n’est plus acceptable.

Les moyens en policiers sont-ils suffisants à Marseille ?

Nous avons aujourd’hui 3 500 policiers nationaux et deux compagnies de CRS basées à Marseille. Les renforts qui m’avaient été promis par Brice Hortefeux puis par Claude Guéant sont arrivés. Bien sûr, pour un maire, ce n’est jamais suffisant mais un maire habitué à la gestion municipale, comme je le suis, sait bien les difficultés budgétaires du gouvernement. Marseille est la deuxième ville de France avec 860 000 habitants. Il peut y avoir à tout moment des événements dramatiques. La police fait son boulot et elle n’est pas confrontée aux mêmes difficultés que la police de Lyon ou celle de Lille !

L’action du nouveau préfet de police, Alain Gardère, vous satisfait-elle ?

Le nouveau préfet fait un travail considérable et 48 personnes condamnées et en fuite ont été récupérées et sont aujourd’hui en prison. Ceux qui avaient attaqué des joueurs de l’OM ont également été arrêtés… Mais il s’agit d’un travail de longue haleine. Le ministre de l’Intérieur est très attentif à ce qui se passe à Marseille où il vient très souvent. On voit désormais beaucoup plus de policiers dans les rues de Marseille.

C’est ce que vous voulez ?

Oui, car cela rassure les populations et cela permet d’éradiquer le grand banditisme. Mais en même temps, il faut que la justice sanctionne durement les délits et les crimes et qu’elle ne relâche pas les coupables sous prétexte qu’ils sont mineurs. Depuis cet été, nous subissons un amoncellement de difficultés. Nous les réglons au fur et à mesure. Le plus dur est derrière nous.

Pourtant, les kalachnikovs circulent toujours aussi facilement ?

Effectivement, il faut des décisions très fortes dans ce domaine. Il n’est pas possible de laisser ces armes de guerre circuler aussi librement.

Que fait la ville dans le domaine de la sécurité ?

Puisque l’État fait un effort, nous en faisons un également. Nous venons de recruter 100 policiers municipaux supplémentaires et notre service est en pleine réorganisation. D’ici à la fin de l’année, nous aurons 40 caméras supplémentaires de vidéoprotection dans le centre-ville. Il y en aura 340 en 2012 et j’espère un millier pour 2013, année au cours de laquelle Marseille sera capitale européenne de la culture qui devrait attirer 10 millions de touristes. Nous avons acheté un immeuble pour accueillir le service de vidéoprotection.

Le ministre de l’Intérieur est très attentif à ce qui se passe à Marseille où il vient très souvent. On voit désormais beaucoup plus de policiers dans les rues de Marseille.

Propos receuillis par Aliette de Broqua (à Marseille)