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Tribune · Républicains Sénat · 10 février 2012

Jean-Claude Gaudin : « Pourquoi je soutiens Sarkozy »

Le sénateur maire de Marseille dresse un bilan de la politique engagée par le président de la République.

En cette période de campagne, je tiens d’abord à saluer le sens des responsabilités du président de la République, Nicolas Sarkozy. Élu pour cinq ans, le président Sarkozy entend terminer son mandat dans l’action au service de la France et des Français. C’est sa sincérité ; c’est sa conception du devoir dans les fonctions de chef de l’État. Ce choix appelle notre respect parce qu’il est lui-même totalement respectueux du mandat que les Français lui ont confié en 2007.
L’engagement de Nicolas Sarkozy a toujours été de réformer notre pays pour le rendre plus compétitif tout en préservant notre modèle social. La crise financière et économique n’a fait que renforcer cette nécessité. Dans ces circonstances historiques difficiles pour nos concitoyens, l’action publique doit être précisément définie, tout à la fois énergique, prudente et déterminée.

L’énergie et la détermination sont nécessaires parce que nous traversons une époque de fortes turbulences mondiales. La présidence française de l’Union européenne, en 2008, lors de la chute de la banque Lehman, a été particulièrement réactive et a permis d’éviter le repli sur soi de chaque pays, qui avait été catastrophique lors de la crise de 1929.

Il en a été de même avec la convocation d’un G20 exceptionnel en novembre 2008, à l’initiative de la France notamment. Première d’une série, cette réunion, par un dialogue renforcé, a abouti à des résultats concrets en matière de lutte contre les paradis fiscaux et de régulation de la finance et des banques.

La prudence, elle, suppose que les réformes soient menées progressivement et qu’elles accompagnent les évolutions de la situation économique. Il faut être pragmatique et savoir s’inspirer de ce qui a réussi ailleurs. Par exemple, la réforme des retraites menée en France l’a été dans d’autres pays européens qui, comme nous, doivent faire face à l’allongement de l’espérance de vie. Au titre de la prudence, il faut bien comprendre le risque du choc fiscal d’une augmentation massive des impôts, actuellement chiffrée à 30 milliards, que propose le candidat du Parti socialiste. Ce serait un coup sévère porté à la croissance, à la compétitivité de nos entreprises et à nos concitoyens (notamment par la suppression du quotient familial).

De même, l’idée, toujours du candidat du Parti socialiste, de supprimer les exonérations d’impôt sur le revenu sur les heures supplémentaires est injuste. Aujourd’hui, cette exonération offre un pouvoir d’achat supplémentaire à 9 millions de salariés qui, en moyenne, gagnent 1 500 euros et perçoivent ainsi 450 euros de plus par an.

Garder le sens des réalités et savoir s’inspirer des réussites de nos voisins est aussi ce qui motive deux décisions récentes : la baisse des charges sur les salaires (comme en Allemagne et au Danemark) et les accords pour l’emploi. Cette augmentation limitée de la TVA (+ 1,6 sur le seul taux à 19,6 %) et de la CSG sur les seuls revenus financiers permettra de réduire le coût du travail, notamment dans l’industrie, pour rendre nos produits plus concurrentiels. L’alimentation, les médicaments et les travaux à domicile ne seront pas touchés et la hausse de la CSG ne concernera pas l’épargne populaire (livret A, livret jeune, livret de développement durable).

D’autre part, comme en Allemagne, où ils ont montré leur efficacité pour baisser le chômage, les accords pour l’emploi permettront de négocier l’adaptation des conditions d’emploi en fonction des variations de l’activité au niveau de l’entreprise, tout en protégeant les salariés. Parce que la nécessité des réformes pour monter dans le train de la croissance future ne doit pas être tributaire des calendriers électoraux mais doit répondre à une politique économique dont l’objectif est la sortie de crise dans les meilleures conditions pour nos entreprises et nos concitoyens, le président de la République a choisi de prendre des décisions courageuses maintenant.

Enfin, je tiens à souligner l’impératif d’avoir un candidat de stature internationale – comme l’a prouvé le président Sarkozy depuis 2008 – qui engage le dialogue avec l’Allemagne de façon constructive et coopérative. Il s’agit de rechercher inlassablement le chemin de décisions communes assumées – seule voie pour que l’Europe demeure un espace de cohésion dans les difficiles circonstances actuelles. Et pour cela, il ne faut pas de la démagogie mais du courage.