Jean-Claude Gaudin : « Des certitudes pourraient être démenties le 22 avril »

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Passage média · Républicains Sénat · 20 avril 2012

A trois jours du premier tour de l’élection présidentielle, alors que les sondages désignent François Hollande et Nicolas Sarkozy comme les deux finalistes pour le second tour, le maire UMP de Marseille et Président du Groupe UMP au Sénat, analyse la campagne de Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Comment voyez-vous ce premier tour. Des surprises ?

Les surprises ne sont pas impossibles. Nous l’avons vu en 2002 quand Jean-Marie Le Pen a accédé au second tour. Mais visiblement ce danger est écarté.

Il est probable que Nicolas Sarkozy et le candidat socialiste soient en tête du 1er tour. Les Français devront choisir entre Nicolas Sarkozy qui parle un langage de vérité et François Hollande qui prône des mesures illusoires. Le Président a parfaitement dirigé la France durant cinq ans, a surmonté de multiples crises, je m’attendais à ce que cela soit plus facile pour lui. Mais une partie des électeurs n’a pas encore choisi et certaines certitudes pourraient être démenties le 22 avril.

Doutez-vous ?

Le second tour sera un scrutin différent. Les discussions qui seront rudes à gauche peuvent conduire à une situation que l’on n’entrevoit pas aujourd’hui. Malgré les sondages qui annoncent que tout est perdu, je fais confiance à Nicolas Sarkozy, le président du courage.

Craignez-vous que l’abstention touche la droite ?

Elle touchera tous les candidats de la même manière. Suivant le résultat du 2e tour, elle peut jouer un rôle néfaste aux législatives, le camp perdant ayant tendance à se démotiver.

En cas de défaite, la bataille pour les législatives sera rude !

Cela sera moins confortable. En un mois, on ne change pas radicalement le corps électoral ! Dans tous les cas je soutiendrai tous les candidats de l’UMP aux législatives. Je m’engagerai à leurs côtés dans le but de gagner et d’obtenir un maximum de députés. C’est le rôle d’un chef !

En cas de victoire de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, peut-on imaginer une victoire de la gauche à l’Assemblée ?

Je n’y crois pas. On ne peut envisager, à un mois d’intervalle, une dichotomie entre les résultats de la présidentielle et ceux des législatives. Même si les résultats seront plus serrés. La victoire a un effet amplificateur… sauf maladresse du camp du vainqueur.

Quel est votre regard sur la campagne ?

Il ne semble pas que les Français l’aient trouvée terne et ennuyeuse et j’en ai pour preuve l’importance du public aux différents meetings et le succès des émissions télévisées.

Nicolas Sarkozy peut-il inverser les courbes des sondages ?

Les sondages traduisent une possibilité, le verdict des urnes est, lui, une réalité. Cette élection se gagnera surtout avec les reports de voix. L’avance de François Hollande au 1er tour n’est pas significative pour en tirer des conclusions évidentes : il n’y a pas de vote d’adhésion pour son projet.

Sa stratégie mouvante ne l’a-t-elle pas desservi ?

Je n’ai pas senti de faute majeure. On ne peut pas reprocher à Nicolas Sarkozy d’avoir parlé de la France et d’avoir fait campagne contre son principal concurrent. Ce sont les autres candidats qui en ont fait un homme à abattre.

Si la droite essuie un échec, l’UMP peut-elle imploser ?

Au contraire, je crois que l’UMP resserrera les rangs. Je sais, en tant que fondateur de ce mouvement, que les hommes et les femmes engagés à l’UMP seront assez responsables pour rester soudés et solidaires. Si les mauvais et les ingrats s’en vont, ça ne sera pas grave ! Mais je souhaite de tout mon coeur le succès de Nicolas Sarkozy.

Quel serait votre rôle dans le cas d’un nouveau mandat de Nicolas Sarkozy ?

J’ai été élu, au mois de septembre, président du groupe UMP au Sénat et ce pour trois ans. J’accomplis cette mission confiée par mes pairs et à bulletin secret. Je ne cherche aucune responsabilité dans le parti.

Marjory Chouraqui