Jean-Claude Gaudin : « L’UMP a 10 ans et nous serions indignes de célébrer cet anniversaire dans la division »

Catégories
Tribune · Républicains Sénat · 30 mai 2012

Le 6 mai, les Français ont choisi de donner un nouveau Président de la République à notre pays. Nous en prenons acte : c’est la démocratie.
Néanmoins, on ne m’empêchera pas de souligner et d’admirer la détermination, le courage et la dignité de notre candidat, Nicolas Sarkozy qui a su, pendant 5 ans, tenir le gouvernail de notre pays dans ces circonstances historiques très difficiles.

Une campagne s’achève, une autre commence : celles des législatives. Nous ne devons pas nous laisser submerger par la déception. Nous devons aborder cette très prochaine étape avec conviction et dans l’union car c’est le seul moyen de commencer à faire bloc contre la gauche pour construire notre avenir et l’avenir de la France.
N’oublions pas que la victoire de M. Hollande est courte et que la coalition rouge, rose et verte qui le soutient est bien hétéroclite.

Président du Groupe UMP dans un Sénat qui a basculé à gauche en octobre dernier, je peux témoigner comment l’Institution est devenue le laboratoire des propositions du candidat socialiste, désormais Président. La gauche sénatoriale a voté 30 milliards de taxes supplémentaires, sans aucune réduction des dépenses publiques. La gauche sénatoriale a créé 17 taxes nouvelles pour un montant de plus de 5 milliards d’euros et 2 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. Beaucoup de ces mesures touchent les classes moyennes comme la suppression des exonérations des heures supplémentaires et 60% des recettes nouvelles sont prélevés sur nos entreprises.

Dans cette situation, nous n’avons qu’un seul choix : rester unis et défendre sans relâche nos propositions et nos valeurs.

M. Hollande prétend qu’il financera sans déficit et sans endettement supplémentaires son programme de dépenses publiques. Alors pourquoi les socialistes ont-ils refusé de voter la règle d’or budgétaire, qui fixe un calendrier et les modalités du retour à l’équilibre de nos finances publiques ?

M. Hollande veut renégocier les engagements que la France a pris avec ses partenaires européens et qui permettent de trouver une voie de sortie à la crise de la zone euro. N’est-ce pas un pur pêché d’orgueil qui rompra le pacte de confiance avec nos voisins ?

M. Hollande veut de la croissance ? Mais la croissance ne se décrète pas ; ce qu’il faut, c’est rendre nos entreprises compétitives car ce sont elles qui créent la croissance et les emplois. Et, ce n’est pas en les surtaxant qu’il y arrivera mais en préparant notre économie à l’avenir, comme nous l’avons fait, en sanctuarisant les budgets de l’enseignement supérieur et de la recherche, en réformant les universités, en maintenant le crédit impôt-recherche, en créant les pôles de compétitivité. M. Hollande se garde bien de dire qu’il remettra en cause ces acquis…

Nous avons de vrais arguments pour combattre les projets de la gauche mais le seul moyen de les défendre efficacement est de rester unis et de construire une opposition solide, nécessaire dans toute démocratie.