Gérard larcher : « 50 millards d’euros de dépense supplémentaire! »

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Tribune · Républicains Sénat · 15 juin 2012

Gérard Larcher exprime son inquiétude quant à la crédibilité de la France dans cette période de crise, au cours de laquelle est mise à rude épreuve la solidité du couple franco-allemand, dont dépend pourtant la cohésion de la zone euro.
Le flou entourant le programme de François Hollande en matière de finances publiques, s’agissant par exemple de la manière de maîtriser la croissance des dépenses publiques ou des données chiffrées qui ont été publiées « en catimini », est particulièrement inquiétant.

Le gouvernement évoque 20 milliards d’euros de mesures nouvelles mais omet d’évoquer 30 milliards d’euros nécessaires pour tenir ses engagements en 2012 et 2013, si la croissance est de 1%. L’hypothèse d’un nouveau plan de rigueur en cas de croissance inférieure aux prévisions semble en outre rejetée.
Avant les élections législatives, aucune réponse n’a été apportée aux questions que les Français peuvent légitimement se poser au sujet de la future hausse de la fiscalité, sous le prétexte commode qu’il s’agit d’attendre les résultats de l’audit de la Cour des comptes, qui seront publiés à la fin du mois de juin.

Il conviendrait pourtant de savoir comment seront compensées les nouvelles dépenses annoncées par le gouvernement, qui répondent davantage à des contingences idéologiques qu’à une impérieuse nécessité économique.
La hausse de la taxation des entreprises, évaluée à 17 milliards d’euros, est en effet contre-productive en matière de compétitivité, à une période où notre tissu économique demeure encore fragilisé, notamment en raison de la contraction du crédit.

Notre compétitivité va être également grevée par le renchérissement du coût du travail suite à la hausse du SMIC, la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, la suppression de la « TVA sociale » et la hausse de la CSG pour financer le départ à la retraite à 60 ans, alors même que la réforme de la dépendance nécessitera déjà une hausse probable des cotisations sociales.

Le rétablissement de l’ancien barème de l’ISF couplé à un taux d’imposition de 75% va créer une fiscalité confiscatoire qui rendra la France moins compétitive.
L’alignement de la fiscalité des revenus du patrimoine et du travail va toucher les classes moyennes et le relèvement du plafond des livrets d’épargne apparait non comme une mesure sociale mais comme une mesure privilégiant les revenus les plus confortables, qui seuls peuvent atteindre les plafonds actuels.

En outre, la création de postes de fonctionnaires dans des secteurs prioritaires va être compensée par la suppression de postes dans les secteurs jugés non prioritaires et va donc non seulement impliquer le maintien de la règle du un sur deux, contrairement aux dires des édiles socialistes, mais vraisemblablement sans plus aucune augmentation de salaire.

Enfin, certains projets, promis par François Hollande, comme la fusion de l’impôt sur le revenu avec la CSG, l’abrogation du dégrèvement de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises et l’interdiction de la déductibilité des intérêts d’emprunts destinés à financer l’acquisition de titres de participation semblent déjà enterrés.

En matière de finances publiques et de fiscalité, force est donc de constater qu’au-delà même du renoncement à certaines promesses, les premières mesures annoncées par le gouvernement vont fortement impacter notre compétitivité et que le flou entoure les mesures qu’il sera amené à prendre dans les prochaines semaines.