Jean-Pierre Raffarin : « Une force politique pour la France : l’humanisme »

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Jean-Pierre Raffarin : « Une force politique pour la France : l’humanisme »
Républicains Sénat
Tribune · 2 juillet 2012

L’humanisme, c’est d’abord l’une des deux grandes pensées politiques qui ont structuré nos débats depuis l’avènement de la République. L’autre, le matérialisme, a choisi la primauté de la société sur la personne, développant la thèse du déterminisme selon laquelle « l’homme est innocent de lui-même ». Pour nous, la personne est libre et responsable. La société, ce n’est pas l’excuse. La personne est sacrée, la société doit la respecter.

L’humanisme est fondé sur le respect de l’autre, mais aussi sur la réciprocité de ce respect, c’est à-dire l’État de droit. Au-delà, cette pensée est celle du dépassement, convaincue qu’il y a dans l’homme quelque chose de plus grand que lui, et qui relève de l’universel.

L’humanisme, c’est aussi une vision de la France : celle d’une grande nation, attachée à son histoire et fière de ses valeurs, déterminée à faire entendre dans le monde sa voix singulière à l’appui d’une diplomatie et d’une défense engagées. Celle d’une France républicaine, qui refuse le communautarisme et défend une vision de la laïcité respectueuse de la liberté de religion et de pensée pour chacun. Celle d’une France européenne, qui s’engage pour une union forte et protectrice, pouvant s’appuyer sur l’entente franco-allemande.

Nous partageons tous les valeurs humanistes de responsabilité et de solidarité, de laïcité et de liberté. Et, parce que l’humanisme ne se nourrit pas de mots mais d’actes, nous avons vocation à porter ensemble un projet pour les Français. Nous cherchons davantage à rassembler qu’à segmenter.

Des projets tels que les lois de décentralisation, le texte sur les auto-entrepreneurs, le plan de cohésion sociale…, et bien sûr les lois Leonetti, sont authentiquement des initiatives humanistes.

Nous prônons une économie qui ne sacrifie pas l’homme à son efficacité ; en somme, une économie qui préfère l’échelle humaine à l’économie d’échelle. Nous nous méfions du gigantisme. S’il n’est pas question d’entraver la liberté de créer et d’entreprendre, ni d’opposer les grands groupes aux petits, nous devons renforcer nos dispositifs de soutien pour les PME, les très petites entreprises et l’artisanat, les structures à taille humaine. Nous sommes dans le camp des créateurs.

Nous nous engageons en faveur d’une justice fondée sur la responsabilité individuelle : parce que l’individu est libre de choisir entre le respect de la loi et l’infraction, la peine doit sanctionner sa responsabilité propre. Justement.

Nous voulons que l’éducation renoue avec sa vocation première : la conquête de la liberté par l’acquisition des fondamentaux. Savoir lire, écrire, compter, mais aussi se comporter, c’est la condition sine qua non pour qu’un enfant entre au collège. Nous sommes favorables à l’autonomie des établissements.

La solidarité n’est pas l’assistanat : celui qui bénéficie d’une aide sociale a une responsabilité vis-à-vis de la société. En toutes circonstances, la voie du dialogue social nous paraît plus fertile que les décisions centralisées.

Enfin, nous voulons promouvoir une politique d’immigration respectueuse de la dignité de l’homme. Les capacités d’intégration déterminent les capacités d’immigration.

De l’humanisme de Montaigne au « deuxième humanisme » de Luc Ferry, nos sources intellectuelles nous ont convaincus que la force de la politique, c’est la cohérence entre la pensée et l’action. Quand la pensée est floue en amont, l’action a peu de chances d’être claire en aval !