Sophie Primas : Réaction à la déclaration de politique générale

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Tribune · Républicains Sénat · 5 juillet 2012

Dans son discours de politique générale, le Premier ministre est revenu sur les prévisions de croissance, estimées à 0,3% pour 2012 et de l’ordre de 1,2% pour 2013. L’impact de cette moindre croissance amène le gouvernement à un effort budgétaire supplémentaire de 10 milliards d’euros pour 2012 et de plus de 30 milliards d’euros pour 2013.

Afin de dégager cette manne indispensable, les choix économiques présentés par le Premier ministre s’orientent vers une hausse massive des impôts et une baisse limitée des dépenses publiques. Cette répartition ne prend pas la mesure de l’enjeu économique auquel notre pays fait face. Ainsi, la Cour des comptes, dans son audit sur les finances publiques présenté lundi 2 juillet, préconise un effort majeur sur les dépenses de toutes les administrations publiques, donc non seulement l’Etat mais aussi la sécurité sociale et les collectivités territoriales.

De plus, la non-réduction du coût du travail couplé au matraquage fiscal planifié, risque d’annihiler sérieusement le développement de nos entreprises et donc hypothéquer toute reprise économique et, in fine, faire progresser le chômage.

Le gouvernement fait ainsi entrer notre économie dans un cercle vicieux : les mesures sur les entreprises prévues pour compenser le manque-à-gagner d’aujourd’hui anéantissent les possibilités de reprise économique pour demain. Pourtant, comme le Premier ministre l’a remarqué : «rien ne sera possible si nous ne retrouvons pas la croissance», mais les incantations aux chefs d’entreprises pour se mobiliser sur l’emploi ne suffiront pas.

Parallèlement, tout semble indiquer que les recettes issues des mesures fiscales portant sur les ménages les plus aisés seront limitées et qu’il faudra recourir à des impôts à assiette large tels que la TVA ou la CSG, comme l’a d’ailleurs remarqué la Cour des comptes.

Enfin, le « redressement dans la justice » vanté par le gouvernement se fera aussi sans les salariés les moins aisés, qui ne pourront plus bénéficier des effets liés à l’exonération des heures supplémentaires. Ils seront aussi impactés par l’application d’un forfait social de 20% contre 8% actuellement sur les versements réalisés par les entreprises au titre de l’épargne salariale.

Sophie Primas