PLFR : intervention de Louis Nègre

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00. Non · Républicains Sénat · 24 juillet 2012

Madame la Présidente,
Monsieur le Rapporteur Général,
Monsieur le Ministre,
Mes Chers Collègues,

Le projet de loi de finances rectificative pour 2012 s’inscrit dans un environnement particulièrement préoccupant voire inquiétant. La notation de la France a été dégradée et les pays du sud sont en soins palliatifs. A ce jour, et à y regarder de près la maison Europe est en feu.

Dans ces conditions, nous nous garderons d’avoir une attitude manichéenne. Nous sommes tous sur la même barque. Vous ne rencontrerez donc pas d’hostilité particulière de notre part, quand vous appelez les compagnies pétrolières et le secteur bancaire à contribuer à la réduction du déficit de l’Etat.

Aussi, je regrette qu’on ai employé le mot « détruire » pour qualifier l’action que vous entendez mener contre les engagements courageux pris à ce jour par la France.
Ceux qui sont animés, à gauche, par un parti-pris purement idéologique, font fausse route et amènent la France et les français dans le mur.

Ce n’est pas moi qui le dis.
C’est la Cour des Comptes, présidée par un des vôtres, le socialiste Monsieur Didier MIGAUD. La Cour a fait un constat éclairant dans son audit. Elle déclare notamment que : « l’exécution budgétaire 2011 est marquée par l’amélioration réelle et incontestable du solde budgétaire. Et ce pour la première fois depuis 2007. »
Ainsi la Cour, contrairement à vos attentes, donne, premier point, un satisfecit au gouvernement précédent et surtout, deuxième point, invite instamment le gouvernement actuel à maitriser les dépenses de l’Etat, et je reprends les termes exacts du rapport : «en passant par des réformes structurelles » !

Nous souscrivons pleinement à cette vision des magistrats financiers qui nous indiquent clairement la feuille de route à suivre.

Malheureusement, Monsieur le Ministre. votre gouvernement et vous-même, avez choisi une route inverse.

Nous n’avons pas la même philosophie, c’est incontestable ! Comme la Cour, nous, nous voulons diminuer, en priorité, les dépenses, alors que vous, vous augmentez les impôts à travers
17 articles. En fait, c’est une attaque en règle contre les classes moyennes, à travers l’augmentation des droits de succession ou la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, qui va concerner 9 millions de français qui gagnent 1500 euros en moyenne par mois. Sont-ce là, Monsieur le Ministre, vos riches et vos milliardaires ?

Mais, finalement, je suis mauvaise langue. Vous êtes cohérents avec vous-mêmes, puisque le Président de la République en personne, déclarait naguère que la catégorie des riches commençait à 4000 euros par mois.

Après les hors d’œuvres, cette année, avec 7,2 milliards d’impôts supplémentaires, on évoque désormais, une nouvelle ponction, en 2013, de 30 milliards sur les ménages et les entreprises.

En bref, vous mettez en application, à l’égard des contribuables français, l’ expression célèbre: « vous avez aimé 2012, vous adorerez 2013 !
Cette politique, qui s’apparente à une véritable opération de démantèlement, nous la combattons vigoureusement.

C’est une attaque contre la France qui travaille et les salariés. Cette politique matraque, à l’évidence, les classes moyennes. Elle accentue notre déficit de compétitivité, élément cardinal de toute politique économique digne de ce nom, elle ponctionne le pouvoir d’achat des français, elle dévalorise le travail, et elle aggrave le chômage.

Au lieu de suivre les sages recommandations de la Cour des Comptes, au lieu de s’inspirer des exemples vertueux d’assainissement des finances publiques suédois ou allemands, j’ai peur que l’ action de ce gouvernement relève plus, comme l’a qualifié, Monsieur Roland DUMAS, ancien Ministre socialiste, de « rodomontade » plutôt que d’une action déterminée et efficace.

En conséquence, ma conclusion, triste, très triste, Chers Collègues, je l’emprunte au journal Libération du 3 juillet dernier qui titrait: « Budget 2013 : Bonjour les dégâts ! ».

Je vous remercie de votre attention.