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Joëlle Garriaud-Maylam : Les Français de l’étranger sont sources d’emplois et de devises
Républicains Sénat
Tribune · 13 septembre 2012

Joëlle Garriaud-Maylam : Les Français de l’étranger sont sources d’emplois et de devises

L’annonce le week-end dernier, par Bernard Arnault, première fortune de France et quatrième au monde, de son départ pour la Belgique et de sa demande de double nationalité a déclenché une véritable polémique dans notre pays, jusqu’à la Une outrancière de Libération, – qui nous avait habitué à mieux – « Casse-toi riche con »…

Au-delà du traditionnel lynchage bien français de ceux qui réussissent, c’est, une nouvelle fois, une perception négative de l’expatrié qui transparaît en filigrane dans les média.

Le Français établi hors de nos frontières est en principe une personne ouverte sur les autres et sur le monde. Ses projets professionnels et familiaux font qu’il paye généralement des impôts non seulement dans son pays d’accueil mais également en France. Pourquoi alors, certains s’obstinent-ils à le dépeindre comme un égoïste, un profiteur, dont le projet de départ ne serait motivé que par l’objectif d’échapper à la fiscalité française ? Pourquoi ne pas montrer, au contraire, que la présence de ces 2,5 millions de vigies françaises, présentes sur toute la surface du globe, est moins une charge pour notre pays qu’une immense chance ? Que ces Français de l’étranger sont, au quotidien, sources de nouveaux contrats internationaux pour les entreprises françaises, synonymes d’emplois et de devises ? Et, enfin, pourquoi considérer comme forcément mauvais le départ d’un individu vers de nouvelles contrées, alors que c’est une chance pour lui de s’ouvrir à de nouvelles pratiques, de nouveaux modes de pensée et d’action dont il pourra faire bénéficier notre pays ?

Alors, certes, l’annonce de Bernard Arnault dépasse le simple projet d’expatriation puisqu’elle aborde également celui de l’acquisition d’une autre nationalité. A ce propos, nous nous félicitons que, chaque année des dizaines de milliers de ressortissants étrangers acquièrent la nationalité française, tout simplement parce qu’ils croient en notre pays. Par contre, nous ne pouvons pas ignorer pourquoi certains, parmi les meilleurs d’entre nous, ceux qui entreprennent, ceux qui innovent, ceux qui réussissent, à quitter notre pays. On découvrirait vite que l’inflation bureaucratique et législative, les procédures courtelinesques, le développement de l’assistanat au détriment des valeurs du travail, de l’autonomie et du mérite contribuent aussi à cet exode.

Les principes du dynamisme et de la réalité économique nous diront assez vite s’il vaut mieux assurer aux Français, comme l’avait fait Nicolas Sarkozy, que pour chaque Euro gagné ils pourront en conserver au moins la moitié ou s’il faut vraiment leur dire, comme vient de le faire François Hollande, que dorénavant il prélèvera à ceux qui réussissent le mieux… les trois quarts !