Projet de loi portant création des emplois d’avenir : Intervention de Marie-Hélène Des Esgaulx

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00. Non · Républicains Sénat · 26 septembre 2012

Notre groupe ne peut adhérer au dispositif des « emplois d’avenir ».

Créer des emplois, agir pour l’insertion des jeunes, sont des objectifs que nous partageons tous, en particulier concernant les jeunes peu ou pas qualifiés, dont le taux de chômage grandit.

Pour cela, priorité doit être donnée à l’Éducation. Il faut avant tout que le jeune acquiert une qualification, sinon, il ne pourra jamais s’insérer dans le monde du travail. Il faudrait donc prioritairement revoir notre système éducatif et le problème des sorties sans qualification, qui concernent 120 000 jeunes par an.

Il faut également développer les outils dont nous disposons, tels l’apprentissage, l’alternance, qui permettent au jeune d’acquérir une formation en se projetant dans le monde du travail. C’est ainsi que nous donnerons un avenir à ces jeunes.

Or, le gouvernement fait le choix du passé et non de l’avenir : il revisite les emplois jeunes !

Comme nous l’avons souligné lors de nos débats, de multiples contrats aidés ont jalonné les politiques des précédents gouvernements, il n’y a là rien de nouveau.

Encore faudrait-il bien cadrer le dispositif. Or, dans le cas présent, les contrats aidés sont prévus principalement dans le secteur public, dont on connait les contraintes en matière de réduction de postes, et dans les associations, qui n’auront pas les moyens de conclure ensuite une embauche.

Ce n’est pas là que se trouvent aujourd’hui les emplois durables. La solution au chômage des jeunes se trouve principalement dans le secteur privé.

Nous regrettons donc que nos propositions d’élargissement du dispositif n’aient pas été entendues.

Autre point où nous n’avons pas été entendus et qui ne nous permet pas de souscrire au texte : la rupture d’égalité créée aussi bien par les « emplois d’avenir » que par les « emplois d’avenir professeur ».

Nous l’avons répété : l’aide doit être attachée à la personne et non au territoire. Nous avons déposé des amendements afin que les emplois soient attribués en fonction de critères sociaux avérés et non en fonction de l’appartenance territoriale de chacun.

Nous poursuivons avec vous le même objectif : que les emplois aillent prioritairement aux jeunes les plus en difficulté. Nous pensons qu’il faut aller les chercher là où ils sont, dans les zones que vous avez ciblées, certes, mais également sur l’ensemble de notre territoire.

Pour que les jeunes qui vous font confiance aujourd’hui ne soient pas déçus demain.

Je vous remercie.