Le Budget 2013, premier budget du quinquennat Hollande, ne nous fera pas voir la vie en rose… mais plutôt en gris sombre !

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Le Budget 2013, premier budget du quinquennat Hollande, ne nous fera pas voir la vie en rose… mais plutôt en gris sombre !
Républicains Sénat
Tribune · 28 septembre 2012

On savait depuis cet été ce que la gauche et les socialistes ne voulaient plus en matière budgétaire. Ils avaient ainsi profité de la loi de finances rectificative de juillet pour détricoter idéologiquement, en quelques semaines seulement, les mesures économiques et fiscales les plus emblématiques du quinquennat de Nicolas Sarkozy, comme la TVA sociale, la défiscalisation des heures supplémentaires ou encore la PEC (prise en charge), aide financière que les parents d’élèves inscrits en lycée français à l’étranger ont vu disparaître brutalement à la veille de la rentrée 2012, malgré une forte mobilisation des parlementaires UMP et une pétition mondiale toujours en cours pour un report de la mesure (Lire l’article «une rentrée sans la PEC»)

On saura, vendredi, avec la présentation en Conseil des Ministres du projet de loi de finances pour 2013, ce que la gauche et François Hollande entendaient par « le changement, c’est maintenant ! »

Et ce changement risque d’être brutal pour nombre de Français. Aux 7 milliards de hausses d’impôts et taxes déjà votées en juillet, ce projet de budget prévoit, en effet, un effort fiscal supplémentaire de 20 milliards d’euros, 10 pour les ménages, 10 pour les entreprises. Mais cela ne suffira pas à ramener le déficit public à 3% du PIB. Le texte devrait donc prévoir 10 milliards d’euros d’économies sur les dépenses avec d’importantes suppressions de postes dans les ministères.

Il est à craindre que les Français de l’étranger et le réseau diplomatique et consulaire ne soient dans cette période d’économies drastiques la variable d’ajustement de ce budget de rigueur. Il est toujours plus facile de restreindre ceux qui sont loin, dispersés, ne descendent pas dans la rue et dont la voix porte forcément moins bien et moins loin…

Comme chaque année, vous pourrez cependant compter sur ma vigilance quant au bon usage des crédits budgétaires, qu’ils concernent le soutien à nos communautés expatriées, l’action extérieure de l’Etat, l’aide publique au développement ou encore l’audiovisuel extérieur français.

Mon principe de base en matière de bonne conduite budgétaire restera inchangé : chaque euro nécessaire doit être disponible, mais chaque euro dépensé doit l’être avec un maximum d’efficacité. C’est normalement la marque d’un bon budget, mais je ne suis pas certaine que ces critères soient cette année particulièrement satisfaits par la nouvelle majorité…

Joëlle Garriaud-Maylam