Projet de loi portant création des emplois d’avenir : Intervention d’Alain Fouché

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00. Non · Républicains Sénat · 28 septembre 2012

Monsieur le président, messieurs les ministres, monsieur le rapporteur, madame la rapporteur pour avis, mes chers collègues, le texte que nous examinons a, me semble-t-il, avant tout pour mission de favoriser des solutions d’insertion pour les jeunes pas ou peu qualifiés, qui sont les premières victimes du chômage.
La durée effective des contrats sera d’un à trois ans, et leur prise en charge sera assurée par l’État à hauteur de 75 %.

Certes, plusieurs questions se posent, notamment celle du financement au-delà de cette durée et de la continuité de ces emplois sous forme de contrats à durée indéterminée.

Ces emplois concernent, entre autres, le secteur du tourisme ou des services à la personne, des activités pour l’exercice desquelles les besoins et le potentiel de création d’emplois varient considérablement d’une zone à l’autre.

Pour ma part, je trouve très intéressant qu’une telle disposition ait été élargie aux zones rurales : comme de nombreux parlementaires ou maires, je vois chaque jour venir dans ma permanence des jeunes qui habitent la campagne et sont sans espoir de trouver un emploi.

Monsieur le ministre, vous avez annoncé le renforcement de Pôle emploi. Je souhaite toutefois que cela ne se fasse pas au détriment de la ruralité. J’habite un département, la Vienne, qui est proche du vôtre. Je constate que les efforts sont aujourd’hui davantage dirigés vers la capitale régionale que vers les petites villes, qui appartiennent au monde rural. Je vous demande simplement d’être vigilants sur ce point.

Toutefois, avec la logique des zones prioritaires apparaît le risque d’exclure du dispositif des jeunes sans qualification dont le seul tort serait de ne pas être domiciliés dans ces zones. Il faut veiller à ce que la répartition soit équitable.

De manière générale, je pense aussi qu’il faudrait prévoir de vraies mesures pour la formation professionnelle. À l’instar des contrats d’apprentissage, elles permettraient d’offrir une réelle expérience aux jeunes.

La bataille contre le chômage doit être l’affaire de tous, et je ne veux pas, pour ma part, pour telle ou telle raison, et surtout pas par idéologie, combattre un texte qui permettra de créer des emplois pour une partie de la population qui en a le plus besoin, et qui donnera à certains jeunes une première expérience dans la vie active.
Comme je l’ai indiqué à mes amis, à titre personnel, je voterai ce projet de loi.

J’estime que, si ce texte ne résout pas structurellement toutes les difficultés d’emploi auxquelles sont confrontés les jeunes, il va dans la bonne direction.

Certes, les contrats arriveront à échéance au bout de trois ans. Ils auront donc une durée plus courte que les emplois-jeunes, dont tous les élus, je le rappelle, ont très largement profité. Seule une partie de ces emplois seront pérennisés, mais ce sera déjà, me semble-t-il, un premier point positif.

Je voterai ces dispositions parce qu’elles me semblent susceptibles d’encourager l’insertion ou la réinsertion des jeunes sur le marché du travail. Dans la période très difficile que nous traversons actuellement, on ne peut pas s’en priver.