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Christian Cambon et Catherine Procaccia : Présentation du budget 2013 : le chant du cygne pour le Grand Paris
Républicains Sénat
Tribune · 5 octobre 2012

Christian Cambon et Catherine Procaccia : Présentation du budget 2013 : le chant du cygne pour le Grand Paris

Depuis mai dernier, le gouvernement s’acharne à tailler en pièces le projet du Grand Paris. Après l’abandon du projet de la tour Utrillo, projet emblématique du Grand Paris de la culture destiné à revitaliser le territoire de Clichy-Montfermeil, c’est désormais au tour de la colonne vertébrale de transports du Grand Paris de faire les frais de la gestion écolo-socialiste.

En refusant d’inscrire au budget 2013 le milliard d’euros nécessaire à la poursuite du projet et à l’obtention de prêts de la Banque européenne d’investissement, le projet de métro automatique autour de Paris en forme de boucle est abandonné.

Concrètement, seuls devraient être financés le tronçon Issy-Noisy-Champs au sud et le tracé dit « orange » à l’est de Paris. Les liaisons entre le centre de la capitale et les aéroports d’Orly et de Roissy ainsi que la liaison rapide entre Paris et Saclay font les frais des coupes budgétaires. Une incompréhension majeure pour la ligne joignant les deux aéroports, difficile d’accès au regard de l’organisation d’autres capitales européennes.

Si la situation du tronçon en Val-de-Marne est épargnée, il est évident que l’intérêt du projet Grand Paris est dénaturé pour les Val-de-Marnais. Ils pourront se rendre dans le Nord de la Seine Saint-Denis jusqu’à Carrefour Pleyel ou dans le sud du département entre Seine-et-Marne et Seine Saint-Denis à Noisy-Champs sans pouvoir bifurquer vers l’ouest comme le prévoyait les plans. En outre, tout espoir de voir la situation des transports s’améliorer, notamment la saturation sur le RER A direction Paris (1 million de voyageur par jour), est également dissipé.

La volonté de rééquilibrage entre l’Ouest parisien, qui concentre une marge d’avance en termes d’activité économique et l’Est parisien, dont le Val-de-Marne, n’est donc pas un objectif prioritaire pour les socialistes et les verts. Sans les transports, la constitution de pôles d’emploi et de recherche scientifique dynamiques et géographiquement mieux répartis dans toute l’Ile-de-France y compris dans le Val-de-Marne est réduite à néant.

Enfin, cette décision constitue une entorse grave à l’accord Etat-Région signé le 26 janvier 2010 par lequel Jean-Paul Huchon s’engageait à soutenir le projet initié par Nicolas Sarkozy.