Questions à Jean-Claude Gaudin

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Passage média · Républicains Sénat · 25 octobre 2012

Quel type de délinquance frappe la ville de Marseille et pour quelles raisons les forces de sécurité traditionnelles ne parviennent-elles plus à endiguer le phénomène ?

Avec une diminution, depuis le début de l’année, de 3,31 % de la délinquance générale à Marseille, on ne peut pas dire que cette ville est en grande difficulté dans le domaine de la sécurité, au point de ne plus pouvoir endiguer ce phénomène. La violence et l’insécurité concernent essentiellement les règlements de comptes entre bandes rivales qui bénéficient d’une attention médiatique surdimensionnée. Le gouvernement précédent avait parfaitement compris cet enjeu et permis une augmentation des effectifs de police nationale. Sous l’impulsion de l’ancien préfet de police Alain Gardère, de nombreuses investigations ont permis la saisie de plus 300 armes, dont 30 kalachnikovs. Grâce des actions coups de poing, Alain Gardère a fait chuter la délinquance de proximité, ces dix derniers mois, particulièrement dans le centre-ville.

Les problèmes d’insécurité que connaît Marseille diffèrent-ils de ceux que connaissent d’autres villes ?

Plus ancienne ville de France, Marseille est un port qui a accueilli de nombreuses vagues d’immigration. Sa population s’est donc constante, strate par strate, pour constituer une mosaïque de cultures, de cultes et de traditions.

Je fais en sorte que tous les habitants de cette métropole cohabitent en harmonie. C’est le rôle de l’association Marseille Espérance, qui regroupe les différents cultes.
Contrairement à ce que voudraient nous faire croire les médias, le quotidien des Marseillais n’est pas ponctué par des rafales de kalachnikov. La cité phocéenne demeure une ville dynamique, où les chantiers vont bon train pour améliorer le quotidien des habitants et donner une impulsion toujours plus forte à l’économie locale et à l’emploi, priorité absolue des Marseillais.

L’image de Marseille est bien loin des clichés : la ville est la première destination française des vols low-cost, elle accueille chaque année plus de 4 millions de touristes et 10 millions de visiteurs sont attendus pour Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture.

Les réponses apportées par le gouvernement à la suite des récents évènements marseillais vous paraissent-elles convaincantes ?

Je reste très attentif aux effets d’annonce et à la médiatisation outrancière qui ont entouré la venue de ministres dans la cité phocéenne et engendré le comité interministériel. Je suis satisfait, néanmoins, que le ministre de l’Intérieur ait revu sa copie, suite à ma demande concernant les zones de sécurité prioritaires. Deuxième ville de France avec 860.000 habitants, Marseille doit être considérée et traitée comme une entité unique et indivisible. Les quartiers sud et est seront donc intégrés à ce dispositif de sécurité renforcée.

Mais nous n’avions pas attendu que le gouvernement socialiste organise sa communication autour d’un comité interministériel pour prendre en main les problèmes de sécurité_ Les précédents ministres de l’Intérieur nous avaient déjà accordé d’importants renforts d’effectifs. Trois mille cinq cents policiers nationaux veillent donc sur la cité phocéenne, avec des brigades dédiées aux enjeux du territoire marseillais, comme le démantèlement des filières de drogues.

Même si la sécurité demeure une compétence régalienne de l’État, la municipalité a déployé de nombreux efforts pour lutter contre le sentiment d’insécurité. Cent policiers municipaux supplémentaires ont été recrutés et tous seront armés de Taser ou Flash-B ail pour faire face aux évolutions des comportements. Par ailleurs, 1 000 caméras de vidéo-protection couvriront la commune d’ici à 2014. Je compte sur le gouvernement actuel pour maintenir, voire renforcer, les engagements financiers pris dans ce domaine. Lors de sa visite à Marseille, j’ai rappelé à Christiane Taubira l’importance d’appliquer une justice ferme et intraitable. Les forces de l’ordre ont besoin de savoir que leurs actions seront prolongées par la justice et que les délinquants recevront le châtiment que leurs méfaits méritent.

En parallèle, une autre actualité se prépare pour la cité phocéenne : Marseille sera capitale européenne de la culture en 2013. Quels sont les grands projets menés pour cette année ?

Être capitale européenne de la culture est une merveilleuse chance pour Marseille t C’est le début d’une nouvelle dynamique pour préparer les vingt ans à venir. Sept cents millions d’euros ont été investis, dont 40 % financés par la municipalité. D’innombrables chantiers sont déjà sortis de terre, pour renforcer l’offre culturelle et doter Marseille d’équipements dignes d’une grande métropole : le Mémorial de la Marseillaise, consacré à l’hymne national : le château de la Buzine de Marcel Pagnol, restauré en Maison des cinématographies de la Méditerranée ; le silo d’Arenc, transformé en salle de spectacles avec vue sur mer ; la Cité des arts de la rue, pour encourager les arts urbains ; le cinéma l’Alhambra, salle d’art et d’essai mythique tout juste rénovés ; la Friche de la Belle de mai, vaste lieu de création Le Moulin, scène de musiques actuelles.

Nous avons lancé un immense chantier destiné à rénover les musées marseillais pour accueillir des expositions et des collections prestigieuses. Le Palais Longchamp et ses jardins seront restaurés, pour que le musée des Beaux-Arts abrite notamment l’exposition phare 2013, « Le grand atelier du Midi ». Le château Borély sera rénové pour héberger le musée des Arts décoratifs et de la Mode.

Quant au musée d’Histoire, il sera agrandi et restructuré pour offrir aux visiteurs un espace ouvert sur le port antique et une collection unique au monde.

Tous proposent une offre artistique et patrimoniale de premier plan. Tous deviennent des lieux à vocation multiple, où le visiteur peut à la fois se promener dans un cadre agréable et profiter d’équipements culturels exceptionnels.

Comment la ville se porte-t-elle, à suite de la crise économique ?

Grâce au développement sans précédent dont Marseille a bénéficié ces dix dernières aimées, nous avons mieux résisté que d’autres à la crise économique.

Chaque aimée, nous accueillons 5 000 nouveaux arrivants, nous construisons 5 000 logements et attirons plus de 4 millions de touristes. De nombreux chantiers sont menés par des groupements internationaux pour redessiner le visage de Marseille : l’Hôtel-Dieu transformé en hôtel de luxe Intercontinental, les Terrasses du port construites par Hammerson, le Stade Vélodrome agrandi et rénové par Arema, le Vieux-Port piétonnisé par Michel Desvigne et Norman Foster, la tour CMA-CGM de l’architecte Zaha Hadid…

Les investisseurs continuent à faire confiance à cette ville et aucun projet n’a été, à ce jour, remis en cause. Marseille se transforme et, ces dernières années, nous avons créé des milliers d’emplois dans le secteur du bâtiment.

Quelles sont les perspectives d’avenir et de développement pour Marseille ?

Marseille a de grands rendez-vous à l’échelle internationale : l’an prochain Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture et, en 2016, l’Euro de football. Ces événements attireront le monde dans notre ville. Nous avons tous les atouts en main pour développer l’attractivité touristique de Marseille. Nous devons nous appuyer sur une offre culturelle existante (festivals, l’Opéra de Marseille, les arts de la rue, le Ballet national de Marseille…) et mettre en valeur le patrimoine historique exceptionnel de la plus ancienne ville de France. L’activité touristique doit s’affirmer comme un pilier de l’économie marseillaise. C’est pourquoi nous avons beaucoup investi dans l’accueil de congrès et de salons. Nous favorisons également la venue de croisières, en poursuivant l’objectif d’être clairement la principale ville tête de ligne des croisières en Méditerranée.

Grâce à ce secteur d’activité en plein essor, nous créons des milliers d’emplois, à tous les niveaux de qualification. Pour continuer à lutter contre le chômage et améliorer la qualité de vie des Marseillais, nous devons poursuivre nos efforts dans ce domaine.