Jean-Claude Gaudin : » Mariage pour tous : En l’état actuel du projet je voterai contre »

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Passage média · Républicains Sénat · 10 novembre 2012

Certains couples homosexuels attendent la loi pour être mariés par vos soins à l’Hôtel de ville. Êtes-vous prêt à le faire?

A Paris, Lyon et Marseille, ce sont les mairies de secteur qui marient. II arrive que je fasse des exceptions, mais II faut dans ce cas demander l’autorisation au procureur de la République. Si la loi l’impose, les adjoints feront les mariages des couples homosexuels. Bien sûr, nous devons conduire une lutte sans concession contre toute forme d’homophobie, mais je ne vois pas l’intérêt ni l’urgence, en pleine crise économique, de ce texte. J’aurais préféré une amélioration du système de Pacs, notamment en matière d’héritage. Le projet de loi sur le mariage homosexuel entraine une modification complexe du code civil, ce qui me parait très grave. Les parlementaires UMP, à l’Assemblée nationale et au Sénat, feront de nombreux amendements et présenteront leur vision de la réforme. En l’état actuel du projet de loi, je voterai contre.

La situation des Roms, notamment à Marseille, est une des autres questions qui troublent la société. Y a-t-il une solution ?

Elle relève en tout cas essentiellement de l’Etat. Dès lors que nous voulons engager une action devant le tribunal administratif, la procédure est très lourde. Nous avons essayé d’agir avec le plus d’humanité possible en apportant a ces populations aide, assistance et nourriture. Nous en avons accueilli une quarantaine à l’Unité d’Hébergement d’Urgence (UHU). J’aimerais d’ailleurs pouvoir transformer durablement cette UHU avant la fin de mon mandat. Elle ne peut rester dans cet état. Concernant les Roms, ce ne peut être une solution à terme. D’autant que d’autres déshérités aimeraient aussi pouvoir en profiter. Nous pourrions trouver un terrain avec des structures. Le problème est qu’aucun maire de secteur n’en veut chez lui. Pour autant, c’est la Ville qui a financé la plupart des actions menées pour humaniser la situation des Roms.

Que pensez-vous de l’action tentée par l’Église ?

Cet été, j’ai reçu un courrier signe par 49 prêtres et prélats sur la question des Roms. Je leur ai répondu que j’étais le premier conscient de leur situation. A chaque cas signalé une équipe du Samu social s’empresse de porter assistance. Mais la mission des pouvoirs publics est aussi de veiller à ce que des occupations illégales du domaine public ne compromettent pas le bon ordre et la salubrité. L’Etat et la Ville ont souvent été conduits à demander à la Justice des procédures d’expulsion qui n’ont d’autre but que de protéger les populations, à commencer par les Roms eux-mêmes.

Puisque nous évoquons l’Église vous opposez-vous définitivement au projet de discothèque à la Major ?

La loi est claire puisqu’elle n’autorise pas de discothèque à moins de cinquante mètres d’un édifice cultuel. C’est peut-être également écrit dans les Évangiles (sourires). Il y aura sous les voutes de la Major un restaurant organisant parfois des soirées musicales. Mais je ne veux pas de discothèque. II y aura en 2013 énormément d’occasions de se distraire. Nous avons investi des dizaines de millions d’euros dans la construction du Silo, du MuCem, de la cite des Arts de la rue, du palais Longchamp, du château de la Buzine ou du musée d’Histoire de Marseille. Nous espérons que tout cela aidera à redresser l’image de notre ville.