Jean-Claude Gaudin : « 20% des ROMS sont intégrables »

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Passage média · Républicains Sénat · 15 novembre 2012

Après leur délogement brutal dans les quartiers nord, qu’en est-il aujourd’hui de la situation des Roms à Marseille ?

Il est clair que depuis quelques années, les Roms sont de plus en plus nombreux à venir s’installer chez nous. Il y a deux ans on avait près de 60 camps. Il y en avait même un installé sous la porte d’Aix, à l’entrée de la cité. SACHEZ QUE Marseille a toujours été un lieu d’immigration. Aujourd’hui, on essaie d’intégrer les Roms, mais beaucoup sont en situation irrégulière… D’après Michel Bourgat, mon adjoint chargé du dossier, seulement 20% sont potentiellement intégrables à notre société.

Quels sont les solutions pour gérer les 80% restants ?

Je précise qu’avec Hugues Parant, le préfet de la région, nous avons toujours traité ce problème avec une grande humanité. Je ne veux pas de bulldozer. Les évacuations se font avec respect. Ce n’est pas évident ni de leur donner des logements, et encore moins un travail. Mais on essaie. Le principal problème reste les terrains. Chaque fois que j’en propose un pour les accueillir, les maires de secteur refusent, personne n’en veut… Reste le Samu social. Il fonctionne tous les soirs. Grâce à ce service, nous avons réussi à loger six familles dans des HLM, et entre 30 et 40 personnes sont tous les soirs logés dans l’unité d’hébergement d’urgence à Madrague-Ville, gérée par l’Armée du Salut. Mais il nous manque une structure de transit pour accueillir les familles dans des conditions sanitaires décentes, pour libérer les trottoirs. C’est inhumain de vivre comme cela.

Malgré vos efforts, la colère des Marseillais continue de gronder. Comprenez-vous leur exaspération ?

Évidemment ! Les Marseillais sont peu fortunés, hostiles aux nouveaux venus, ils supportent mal l’immigration. Je comprends. Mais je ne tolère pas la violence ni les milices d’habitants. On doit être ferme/ Au lieu de se plaindre à la télévision, les riverains devraient m’écrire, et porter plainte. Pour être recevable par un tribunal administratif, les protestations des habitants doivent être notifiées par écrit. Sinon ce n’est pas valable.

Existe-t-il des fonds dédiés au problème des Roms ?

Non… Mais c’est aussi à l’Etat de s’en charger. Je ne suis ni ministre ni Premier ministre.