Roger Karoutchi : « Il nous faut un succès aux municipales »

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Passage média · Républicains Sénat · 1 novembre 2013

Le sénateur UMP des Hauts-de-Seine est l’auteur d’une proposition de réforme du droit d’asile.

L’UMP est-elle redevenue audible?

En ce moment, toutes les formations politiques ont du mal à être audibles. La communication gouvernementale est absolument nulle. L’UMP, elle, serait plus audible s’il y avait toujours identité de vues sur les grands sujets au niveau national. Mais, sur le terrain, elle est beaucoup plus forte que ne le pensent parfois ses militants. Malgré le Front national, malgré quelques débats existentiels pour savoir où se situe l’UMP et qui y fait quoi, tous les sondages montrent que nous allons conquérir plusieurs dizaines de villes de plus de 5 000 habitants. Cette victoire, nous en avons besoin pour assurer et pour asseoir notre crédibilité retrouvée. Il nous faut un succès aux municipales! Je suis persuadé qu’au soir du second tour, l’UMP apparaîtra renforcée, en position de reconquête et de préparation de l’alternance. Après, il faudra confirmer le coup d’arrêt à la spirale de la défaite aux scrutins locaux en regagnant le Sénat, en septembre.

Dans quel domaine l’UMP est-elle la plus crédible?

Dans le domaine économique et fiscal. Le matraquage auquel se livre le gouvernement produit ses effets. Les entrepreneurs sont découragés, c’est l’assommoir pour les artisans et les petits commerçants, et les agriculteurs n’en peuvent plus de la surpression fiscale.

Du coup, il y a une réhabilitation du bilan et de la manière de gouverner de Nicolas Sarkozy. Les gens viennent nous voir en disant que nous, nous n’aurions pas fait ça, que nous aurions eu un cap plus équilibré et que nous l’aurions tenu. Aujourd’hui, les Français ont le sentiment que plus personne ne conduit la politique du pays.

Quel est votre point le plus faible?

Nos propositions séduisent, mais le scepticisme vis-à-vis de l’action politique en général est tel que nous avons encore du mal à convaincre. D’où la nécessité de ne pas s’éparpiller mais de définir un petit nombre de réformes essentielles et de s’engager à les mettre en œuvre par ordonnances, comme le propose Jean-François Copé. Je viens par exemple de proposer une réforme du droit d’asile. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a promis d’en faire une, mais comme je crains fort que ce soit a minima, l’UMP doit s’engager dans ce domaine.